Steven Spielberg au CinemaCon : Le réveil d'un géant

Lorsque Steven Spielberg — monstre sacré du cinéma à qui l'on doit E.T., Rencontres du troisième type, Indiana Jones ou encore Tintin — prend la parole, on l'écoute attentivement. Le plus gros faiseur de ponts entre cinéma et pop-culture sort tout juste de plusieurs longs-métrages beaucoup plus intimistes que spectaculaires (Pentagone Papers, West Side Story, The Fabelmans) qui n'ont pas beaucoup performé au box-office mondial. Forcément, cela invite à réfléchir sur son approche et les projets qu'il choisit.
On peut également être déçus de son abandon du giga projet Robopocalypse, qui aurait promis un spectacle total avec Chris Hemsworth et Anne Hathaway — et un poil original puisque basé sur un livre. Aujourd'hui, les projets originaux se font rares à Hollywood : en cette année qui veut redorer le blason du grand écran, seul Le Projet Dernière Chance, adapté du roman d'Andy Weir, a su tirer son épingle du jeu avec environ 573 millions de dollars de recettes mondiales. Et son parcours n'est pas terminé. Néanmoins, il fait pâle figure au milieu de tous ces Avengers, Spiderman, Toy Story, Mario et consorts.
Disclosure Day : Le retour à la SF "UFO"

En prévision de la sortie de Disclosure Day, son nouveau film de SF avec Emily Blunt (catapultage en France dès le 10 juin 2026), Steven Spielberg s’est rendu, pour la première fois de sa carrière, au CinemaCon 2026. Le réalisateur y a parlé de son long-métrage, en a dévoilé de nouvelles images exclusives, mais a aussi souhaité parler de l'état général du cinéma. Une façon de sortir des sentiers battus comme a pu le faire avant lui Martin Scorsese sur les films Marvel.
Il a d’abord défendu les salles, expérience commune et inégalable, et s’est félicité d’une nouvelle : Universal Studios a décidé d’augmenter la durée d’exploitation au cinéma de ses longs-métrages de 17 à 45 jours. Un fait en lien total avec le choix précédent d'Amazon MGM pour Le Projet Dernière Chance.
« Le public trouvera toujours ce qu’il veut voir, que ce soient des films à gros budget ou des films indépendants, mais les studios doivent nous aider en allongeant considérablement les périodes d’exclusivité, comme vient de le faire Donna Langley [directrice d’Universal Entertainment]. Aujourd’hui, je dois être exigeant. Et pourquoi pas 60 jours ? Ou 120 ? »
Le cri d'alarme contre la "Panne d'idées"

Il a également parlé de la dangerosité de toutes les adaptations, qui vont finir, selon lui, par lasser le public s'il n'y a pas plus d'histoires originales. Gageons qu'il puisse mettre cet avertissement à l'œuvre et nous fournir de nouveau Robopocalypse.
« Si nous ne produisons que des propriétés intellectuelles de marques connues, nous allons tomber en panne. Il n’y a rien de plus important que d’offrir au public des histoires visuelles, et elles peuvent prendre n’importe quelle forme, mais nous devons raconter davantage d’histoires originales. »
Disclosure Day arrive dans nos salles pour le 10 juin 2026.
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