Avec M3GAN, sorte de Chucky nouvelle ère, Blumhouse Productions — firme spécialisée dans le cinéma d’horreur à petits budgets — pensait avoir mis la main sur une poule aux œufs d’or. Le premier volet avait logiquement percé grâce à sa viralité sur TikTok, notamment la danse devenue culte de l’androïde, pour un résultat impressionnant de 180 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d’à peine 12 millions. Un ratio rêvé pour Jason Blum, producteur habitué aux paris rentables.
Fort de ce succès, Blumhouse a voulu capitaliser rapidement avec M3GAN 2.0, un thriller comique qui délaissait en grande partie l’horreur au profit du burlesque. Résultat : un bide quasi planétaire, avec seulement 40 millions de dollars de recettes pour un budget avoisinant les 20 millions — un score insuffisant pour justifier l’expansion d’un univers partagé. Conséquence directe : la mise à la poubelle de la franchise naissante et de son spin-off pourtant déjà bien engagé, SOULM8TE, devenu un dégât collatéral évident. SOULM8TE devait initialement sortir début janvier dans les salles américaines et européennes. Pourtant, à moins de trois semaines de l’échéance, Universal n’avait absolument rien communiqué : aucune image promotionnelle, aucun trailer, aucune information officielle. Un silence déjà très révélateur.

Le 16 décembre, le média Deadline confirme l’inévitable : le distributeur a tout simplement retiré le film de son calendrier. Réalisé par Kate Dolan, SOULM8TE devait raconter l’histoire d’un homme qui acquiert un robot afin de surmonter la mort de sa femme — une idée évidemment vouée à dégénérer. Au casting figuraient notamment Claudia Doumit (The Boys), Lily Sullivan (Evil Dead Rise), Isabelle Bonfrer (Pandora), David Rysdahl (Sans issue), Emma Ramos et Sydney Blackburn.
Sur le papier, SOULM8TE avait tout du projet difforme promis à une sortie discrète dans un catalogue de SVOD, quelque part entre un vieux direct-to-streaming Amazon Prime et des titres oubliables comme Atoman ou War of the Worlds version low cost.

En attendant, Blumhouse peut relativiser ce revers grâce à un autre succès récent : le carton mondial de Five Nights at Freddy’s 2, qui a déjà engrangé 175 millions de dollars au box-office, rappelant que le studio reste capable de frapper juste… à condition de ne pas confondre viralité et longévité.





