Tom Rothman, le patron de Sony Pictures, a officiellement acté ce que tout le monde pressentait depuis déjà plusieurs mois. Ça y est, le Sony's Spider-Man Universe (SSU), cet univers parallèle censé exploiter les vilains de Spider-Man sans Spider-Man, va subir un « reboot total » avec « de nouvelles personnes » aux commandes. La confirmation intervient après une série d'échecs commerciaux et critiques qui auraient fait pâlir n'importe quel studio, même les plus patients.
Un bilan catastrophique en trois actes

Et les chiffres parlent d'eux-mêmes, Kraven the Hunter, sorti en décembre 2024 avec Aaron Taylor-Johnson, n'a récolté que 62 millions de dollars au box-office mondial, ce qui en fait le plus gros bide de la franchise. Avant lui, Madame Web avait déjà touché le fond en février 2024 avec 100,4 millions, un score qui pourrait sembler honorable sur le papier, mais qui reste insuffisant pour un film de super-héros produit par un studio important. Et si l'on remonte un peu plus loin, Morbius et ses 167 millions de 2022 avaient déjà largement bider, sans parler de contenus, Sony a visiblement mis du temps à entendre raison.
Le constat s'impose sans détour, à l'exception de la trilogie Venom, portée par le charisme chaotique de Tom Hardy et ses recettes cumulées de plus d'un milliard de dollars, aucun film du SSU n'a trouvé son public. Le problème de fond, que les fans et les critiques n'ont cessé de souligner, tenait sur un paradoxe difficile, un univers Spider-Man sans Spider-Man, c'est un peu comme un parc d'attractions sans manèges.
La page se tourne, mais vers quoi ?

Si Rothman reste volontairement vague sur les contours de ce reboot, plusieurs projets déjà annoncés permettent d'entrevoir la direction que prend Sony. La série Spider-Noir, portée par Nicolas Cage, dont la bande-annonce a été dévoilée mi-février, débarquera le 27 mai 2026 sur Prime Video. Le film Spider-Man: Brand New Day, dont le synopsis promet un Peter Parker plus sombre et isolé, est attendu au cinéma le 31 juillet 2026. Et du côté de l'animation, un Venom 4 en version animée avec Tom Hardy est en développement, tandis que Beyond the Spider-Verse est calé au 18 juin 2027.

Le schéma qui se dessine est assez limpide. Sony semble enfin avoir compris que ses succès récents reposaient sur deux piliers bien distincts avec d'un côté, la collaboration de Marvel Studios pour les films Tom Holland, de l'autre, l'univers animé du Spider-Verse, acclamé par la critique et rentable au box-office. Tout le reste, les spin-offs live-action centrés sur des personnages secondaires sans lien réel avec l'Homme-Araignée, relevait d'un défi que le public n'a jamais voulu relever.
Reste à le prouver
Le mot « reboot » a quelque chose de rassurant autant que d'inquiétant dans la bouche d'un dirigeant de studio hollywoodien. Rassurant parce qu'il sous-entend une remise en question sincère après des résultats désastreux. Inquiétant parce que Sony a déjà prouvé, à plusieurs reprises, sa capacité à tirer les mauvaises leçons de ses propres erreurs.

L'avenir dira si ces « nouvelles personnes » sauront construire quelque chose de cohérent, ou si l'on se retrouvera dans trois ans avec une énième daube de spin-off sur un personnage que personne n'avait demandé.





