Sanguine, qu'on a enfin vu ce dimanche 1er novembre, était un très gros mashup d'un paquet de références diverses et variées de styles cinématographiques qu'on connaît. Dans le thriller horrifique à l'intérieur des hôpitaux français, Marion Le Corroller invoque du Julia Ducournau (Grave, Titane), du Coralie Fargeat (The Substance) ou encore du David Cronenberg (dernièrement Les Crimes du futur) pour souligner et appuyer son body horror pop sur la déstructuration des corps et la souffrance au travail. On ne va pas vous en faire une seconde critique, la première que l'on a réalisée se suffit à elle-même, on va néanmoins vous faire un petit guide de survie - comme pour le film Primate - si vous vous décidez à aller le voir.
En effet, interdit aux moins de seize ans et précédé d'une réputation sulfureuse à Cannes lors des séances de minuit, on est sur un film sacrément gore et costaud qui n'est pas destiné à un public lambda. Si vous faites partie de ceux qui ont régurgité leur petit déjeuner devant Titane ou The Substance, on va vous aider. Voici à quoi vous attendre.
Sanguine : des scènes de violence graphique et de body horror particulièrement gores

En termes de violence graphique pure : on est sur un film violent, mais comme beaucoup d'autres. Il y a des coups, du sang, mais c'est peut-être moins pire que les sévices que subit le personnage principal. Il y a la séquence d'ouverture et ce jeune serveur de fast-food qui démonte un influenceur en fracassant sa tête contre le sol avant de se donner la mort en se cassant la binette à coups de caisse enregistreuse. La scène est très graphique et le visage du serveur est complètement déconstruit, ensanglanté et on sent un peu les prothèses de maquillage. Effets spéciaux pas très jolis parce qu'on dirait le visage de l'autre maman qui fond dans Other Mommy (Malfaisante en VF). Passé cela, pas de véritable scène de violence d'un tiers envers un autre, mis à part le grand final, assez brutal.
Parce que Sanguine déroute par les dégâts faits au corps. L'héroïne est couverte de sang au bout d'une nuit, couverte de pustules qu'elle s'arrache avec les ongles, on a des gros plans sur son corps, sur les croûtes, les hématomes. Et c'est ça le plus crado dans le long-métrage. C'est purulent, c'est peu ragoûtant et on a même une scène de mue où le personnage s'arrache la peau, version renaissance de The Substance. L'héroïne s'inflige les pires enfers, comme se verser des produits fortement alcoolisés sur la peau. On a également, d'un point de vue organique, plusieurs scènes glauques comme un accouchement sanglant et une opération à cœur ouvert, filmée de façon crue.
Beaucoup de nudité, mais aucun jumpscare ?

Il y a également beaucoup de nudité. Puisque l'héroïne est une jeune interne qui se cherche au milieu de ses déboires professionnels, elle va coucher avec un homme sous la douche avant d'aller essayer de faire de même avec une de ses collègues. Comme dans Grave, on va avoir une scène de cunnilingus particulièrement explicite. De même, la majeure partie des souffrances de l'héroïne d'un point de vue dermatologique va faire qu'on la verra souvent dénudée. D'où, d'une certaine façon, l'interdiction aux moins de seize ans.
Si cela ne vous a pas rebuté, sachez qu'il n'y a aucun jumpscare. Et ça, si vous redoutez la frousse et de bondir sur votre siège, ça peut en convaincre plus d'un. Enfin, si vous souhaitez mon point de vue personnel : on est sur un long-métrage bien moins difficile à regarder que The Substance, qui explosait un peu dans un final façon grand-guignol. Seules sont un peu dures à regarder les scènes dermatologiques, qui pourraient être votre cauchemar si vous êtes atteint d'un peu d'eczéma. Ensuite, bien qu'imparfait, Sanguine mérite le détour, car ça reste une expérience à vivre.







