Le brouillard emblématique de Silent Hill n'aura pas suffi à masquer la débâcle. Pour son deuxième weekend d'exploitation aux États-Unis, Return to Silent Hill de Christophe Gans s'effondre avec une chute vertigineuse de près de 70%. Résultat des courses, à peine 980 833 dollars encaissés, une 12e place au box-office et la perte de 392 salles sur les 2000 initialement programmées sur le sol américain, cela rappelle un certains Warcraft : le Commencement, alors sauvé par la chine,. Sauf que le modèle économique hollywoodien ne permet pas un l'échec national.
Un naufrage en règle

Les chiffres font mal. Après un démarrage déjà poussif, le film totalise désormais environ 5 millions de dollars sur le territoire américain. Ajoutez à cela les 11,4 millions engrangés en Chine et on arrive péniblement à 25 millions de dollars à l'international. Pas vraiment flamboyant quand on sait que le budget s'élève à 23 millions selon Variety, hors promo, bien entendu : autant dire que les comptes ne seront pas dans le vert.
Pour enfoncer le clou, le contexte du box-office n'arrange rien : deux autres films d'horreur trustent les premières places. Send Help démarre en trombe avec 20 millions de dollars, tandis qu'Iron Lung empoche 17,8 millions. Face à cette concurrence fraîche et plus accrocheuse, l'adaptation vidéoludique de Christophe Gans est une catastrophe financière.
Un héritage en perdition

Le plus navrant, c'est que Return to Silent Hill performe bien moins que ses prédécesseurs, pourtant eux aussi éreintés par la critique. Le premier Silent Hill de 2006 avait tout de même réussi à récolter 100 millions de dollars dans le monde, malgré des retours très mitigés. Même la suite de 2012, Silent Hill: Revelation 3D, avait atteint 55 millions avec un budget de seulement 20 millions.
Aujourd'hui, on assiste à un triple échec : commercial, critique et... d'estime. Les avis et critiques sont unanimement mauvaises. Mais visiblement, Christophe Gans s'en fiche royalement. Le réalisateur aurait confié que les mauvaises critiques n'affecteront en rien l'héritage du film. Un optimisme touchant, certes, mais qui semble déconnecté de la réalité du terrain comme trop souvent dans le milieu.
La France peut-elle sauver les meubles ?
Il reste un mince espoir : la sortie française prévue le 4 février. Christophe Gans bénéficie encore d'une certaine aura dans l'Hexagone, notamment grâce au Pacte des loups et à son premier Silent Hill. Mais difficile d'imaginer que le marché français inverse à lui seul une tendance aussi lourde, c'est pas le bon "paris".
En attendant, Return to Silent Hill s'installe dans une catégorie peu enviable : celle des adaptations de jeux vidéo qui confirment, une fois de plus, que le passage à l'écran reste un exercice périlleux, et là, on est sur un cas d'école... quand même les fans hardcore de la franchise boudent le résultat.





