Warcraft : Le Commencement refait surface. Le film de Duncan Jones, sorti en 2016, s'est hissé au 9e rang des films les plus regardés sur Prime Video aux States, oscillant entre la 8e et la 10e place depuis plusieurs jours. Dix ans après sa sortie en salles, le film continue de trouver son public. Et ça fait mal, parce que ça rappelle à quel point la suite qu'on nous avait promise n'arrivera probablement jamais.
Un film maudit au box-office

Il faut se remettre dans le contexte. En 2016, Warcraft débarque avec un budget colossal et l'ambition de lancer une franchise. C'est pas moins de 439 millions de dollars de recettes mondiales. Sur le papier, c'est ok, mais dans les faits, c'est un désastre. Seulement 47 millions sur sol US. Le marché domestique a complètement boudé le film, et sans les exploitations nationales qui suivent, Hollywood ne lance pas de franchise.
La Chine a sauvé les meubles avec plus de 220 millions de dollars de recettes, un phénomène culturel là-bas. Un succès mondial sur le papier, mais un échec là où ça compte pour les décideurs de Legendary et Universal. Les chiffres n'étaient pas bons.
29% sur Rotten Tomatoes, et pourtant...
29% d'avis positifs chez les critiques. C'est un score qui tue une franchise dans l'oeuf. Les critiques n'avaient pas totalement tort. Le film essayait de condenser un lore de vingt ans en deux heures, les personnages humains étaient fades, et le rythme patinait par moments.

Mais les critiques n'ont jamais joué à World of Warcraft. Ils n'ont pas passé des nuits entières à Azeroth. Ils n'ont pas reconnu Dalaran, ils n'ont pas eu de frissons en voyant le Portail Noir s'ouvrir. Pour les joueurs, ce film était un cadeau imparfait mais sincère. Duncan Jones, lui-même joueur, avait mis du coeur dedans. Ça se voyait. Ça ne suffisait pas pour un chef-d'oeuvre, mais les critiques étaient franchement fade. On attendait un film sur Wow depuis des années, et le massacre de la presse entérine tout autre projet.
Le streaming lui rend justice

Et c'est exactement ce que prouve son retour sur Prime Video. Dix ans après, des gens découvrent ou redécouvrent le film, et ils accrochent. Warcraft n'a pas besoin de la validation de la critique ou d'un agrégateur pour trouver un public fidèle. C'est un film de niche devenu top streaming, porté par la nostalgie d'un jeu qui a défini une génération de gamers.
Ce n'est pas la première fois que le streaming vient ressusciter les échecs du cinéma. Mais dans le cas de Warcraft, c'est particulièrement cruel : ça prouve qu'il y avait un public.
La suite qui ne viendra pas
C'est le sujet qui fâche. Duncan Jones avait des plans pour une trilogie. Le premier film posait les bases : la guerre entre l'Alliance et la Horde, l'arrivée des Orcs sur Azeroth, la trahison de Gul'dan. La suite devait approfondir Thrall, le bébé orc qu'on voit dériver sur la rivière dans la scène finale, un personnage central de toute la mythologie Warcraft.
Mais 47 millions de dollars aux États-Unis, ça ne lance rien d'autre qu'un fiasco. L'étiquette du flop. Duncan Jones a fini par lâcher l'affaire publiquement, reconnaissant que les chances étaient quasi nulles. Legendary a laissé les droits dormir. Et nous, on attend, mais sans espoir.

Le pire, c'est qu'on sait ce que ça pourrait donner. Arthas. Le Roi-Liche. La Chute de Lordaeron. Illidan et le Puits d'Éternité. Le lore de Warcraft est l'un des plus riches de toute la fantasy moderne, au niveau du Seigneur des Anneaux en termes de profondeur. Mais tant que personne à Hollywood ne prend le risque de porter ses balls, ces histoires resteront dans les cinématiques de Blizzard, qui sont, avouons-le, bien au-dessus que certains gros blockbusters.
Un espoir malgré tout ?
Le succès en streaming relance forcément le débat. Si Warcraft performe sur Prime Video, Amazon pourrait-il s'intéresser au projet ? Le studio a bien misé gros sur Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir et sur la série Fallout.

Mais soyons réalistes : entre un regain d'intérêt sur une plateforme et un feu vert pour un film à 160 millions de budget, il y a un gouffre. Le film reste cantonné au top 10 américain et n'apparaît pas dans le classement mondial de Prime Video. C'est encourageant mais pas suffisant.





