Trois minutes. C'est le temps qu'il aura fallu à Capcom pour réussir ce que sept films Resident Evil ont lamentablement raté en vingt ans : créer de la tension, de l'émotion, et surtout du vrai survival horror. Le court-métrage promotionnel de Resident Evil Requiem, baptisé Evil Has Always Had a Name, vient de sortir sur YouTube. Et il fait très mal.
Quand 180 secondes valent mieux que 7 longs-métrages
Un pitch simple. Une mère et sa fille happées par l'épidémie de Raccoon City. Rien de révolutionnaire. Sauf que le réalisateur Rich Lee fait un choix radical que Paul W.S. Anderson n'a jamais osé, celui de montrer les victimes comme des humains, pas comme de la chair à canon pour Milla Jovovich en slow-motion.
La mère porte une photo de sa fille sur elle. Elle visite sa tombe après l'épidémie. La peluche du raton laveur de la gamine apparaît en leitmotiv avant de finir sur sa pierre tombale. Trois petits détails qui créent plus d'attachement émotionnel que six films d'Anderson et un reboot éclaté (Welcome to Raccoon City, on pense à toi).
Le montage alterne entre une vie idyllique d'avant, l'évacuation chaotique, et la destruction finale. On comprend ce qui se perd, l'effondrement total d'une famille, et d'un monde. On ressent le drame. Il y a plus de développement sur les personnages dans ces trois minutes que dans les sept films produits à ce jour.
L'erreur fatale des adaptations précédentes

Les films de Paul W.S. Anderson ont transformé Resident Evil en franchise d'action camp, très déconnectée des jeux. Welcome to Raccoon City a tenté la fidélité mais a oublié d'être bien. Les deux ont échoué pour une raison simple : ils n'ont jamais compris que Resident Evil, c'est d'abord de l'horreur pure avant d'être un parcours aventure en combi bien moulante.
Rich Lee ramène le survival horror au centre de sa narration, zéro super-héros invincible, zéro chorégraphies Matrix dans les souterrains. On est avec une mère qui court avec sa fille pendant que tout s'effondre. C'est sobre, brutal c'est du pur RE. Comme l'ont montré plusieurs échecs retentissants d'adaptations, la recette du désastre est souvent la même : trahir l'ADN de l'œuvre originale.
La leçon Capcom
Ce court-métrage n'est pas que marketing, au final on a l'impression d'entendre Capcom dire : Voilà ce qu'aurait dû être Resident Evil au cinéma, et oui, on a bien merdouillé jusque'à présent.

Produire de l'horreur efficace avec un coût maitrisé, c'est clairement ce que le modèle Blumhouse a déjà prouvé. Rich Lee applique la même philosophie, moins de moyens, mais plus d'impact.
Reste à savoir si Resident Evil Requiem (disponible le 27 février) tiendra la promesse de ce teaser. En trois minutes, Capcom vient de prouver qu'Hollywood a gâché vingt ans d'opportunités.
