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Pourquoi Illumination a trahi l'essence même de Super Mario Galaxy
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DossierAnalyse

Pourquoi Illumination a trahi l'essence même de Super Mario Galaxy

Pamphlet contre Super Mario Galaxy : Le Film. Entre fan-service hors-sujet et pauvreté narrative, j'accuse Illumination de trahir l'essence du jeu source.

MathieuRédacteur cinéma
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  • 5 avril 2026
  • 5 min de lecture

Le faux semblant du "fan-service" version Illumination

Image - Super mario galaxy critique plombier

Super Mario Galaxy : Le Film convient que nous posions un peu ce que signifie le mot composé « fan-service ». J’en vois beaucoup ici et là louer la qualité du film pour son fan-service, parce que ça semblait rigolo et sincère. Le « fan-service » est une pratique qui consiste à alimenter la passion des fans et leurs fantasmes avec des contenus digressifs ou superflus qui leur sont spécialement destinés. Ainsi, posons-nous clairement avec réflexion : est-ce vraiment du fan-service ce qu’on voit dans cet infâme spot publicitaire d’1h40 ? Absolument pas.

On prend certaines choses à la volée : Fox McCloud ? Yoshi qui déambule dans New York ? Il mange les gens et pond des œufs ? Le segment avec les deux bébés et le dinosaure ? L’humour absolument pas maîtrisé ? La scène poussive du casino ? Mario et Luigi en maires du Royaume Champignon qui vont réaliser des tâches de la vie de tous les jours ? Toute la scène introductive dans le décor de Mario Odyssey pour l’arrivée de Yoshi ? Veuillez expliquer, s’il vous plaît, en quoi cela est-il censé venir garnir la hotte de Noël pour des fans de Super Mario Galaxy.

Notre critique détaille déjà un peu tout cela : ce Mario n’est qu’un jeu de dupes ringard, proposé par un studio Illumination peu inspiré qui sait faire des films magnifiques visuellement, mais d’une pauvreté narrative comme jamais vu auparavant. Parce que attention : je vous vois déjà venir en hurlant fort que les films Mario n’ont pas besoin de scénario et d’histoire. Je suis d’accord avec vous. Mais quand un univers est si riche que cela, ton scénario se doit de savoir comment sélectionner ce qu’il veut positionner dans 100 minutes chrono. Et en l'occurrence ici, il fallait clairement vermifuger le produit final de toutes ses scènes parasites qui ne sont absolument pas dignes de l’ADN des jeux Super Mario Galaxy.

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Un héritage épique sacrifié sur l'autel du gag

Image - Mario galaxy debarque demain charlie

J’ai le cœur un peu lourd parce que Mario Galaxy est probablement ma licence préférée du plombier moustachu. L’univers, la jouabilité, la bande-son, les personnages… Tout est très iconique, très épique. Et le film n’en tire absolument aucune essence. Rien que la baston finale contre Bowser. Il y a une bande-son renversante, dynamique et presque sensationnelle pour un combat final de jeu pour enfant. Non seulement le combat est expédié en deux minutes dans le film, pour bien appuyer que Bowser et son fiston sont deux rejetons ridicules dignes des standards des vilains d’Illumination, mais en plus il n’y a aucune sublimation du moment. Beaucoup diront que Mario Galaxy est calibré pour les enfants. Eh bien, tu peux faire un film pour les enfants tout en étant épique, renversant et dynamique, pas aussi fainéant que ce truc sans âme.

Le seul moment qui respecte les fans de Super Mario Galaxy, ce sont les trois premières minutes. Harmonie lit une histoire à ses Lumas, moment bien représentatif des jeux, le Robot tripode de Bowser Jr arrive et pouf : grosse baston. Le film avait bien commencé, puis il se vautre dans une mécanique Illumination qu’on tendait pourtant à vous avertir de sa dangerosité pour vos cerveaux depuis le début. Les blagues ne fonctionnent pas et le studio qui pond des films magnifiquement nuls à tout bout de champ essaie de pomper l’inspiration chez ses collègues qui se débrouillent mieux. Il n’y a qu’à regarder ce moment avec ROB qui est un plagiat très grossier, trait pour trait, de Zootopie, sauf qu’on a un robot à la place du paresseux. C’est insultant tant on perçoit que Illumination avait un matériau solide pour faire un film spatial fun et revigorant, mais a plutôt décidé d’en accoucher un truc bas de plafond, pas drôle, et tiraillé par des messages trop crétins pour y apporter une plus-value.

Illumination : le nivellement par le bas

Image - Super mario galaxy nintendo spoile

En même temps, vous vous attendiez à quoi ? De la part d’un studio qui va signer son troisième film sur les Minions, qui a fait quatre films Moi, Moche et Méchant de plus en plus nuls et ringards, deux films Comme des Bêtes qui n’ont jamais exploité à fond leur idée de départ. Il y a eu également Migration, pas terrible, contre qui Dreamworks a parfaitement montré qu’ils pouvaient faire cent fois mieux. Le Robot Sauvage a repris ce concept de Migration tout en y instaurant une vraie force d’âme et un supplément d’humour, à l’opposé de ce truc vide et abscons made in Illumination.

Faire du fan-service pour Mario Galaxy n’est pas voir les bébés plombiers dans une scène dont on se fout ou un Fox McCloud en mode Nick Wilde de Zootopie, mais plutôt cela : nous lâcher une baston Mario contre Bowser digne de ce nom, nous envoyer en scène les méchants iconiques du jeu comme le Roi Mogu (la taupe vénère), Poulpoboss, Gargantulus le serpent géant, le Démon des Pierres… On aurait pu également avoir le double de Mario, la galaxie iconique du coffre-à-jouets, le magnifique monde de la Boucle Océane… Même les étoiles sont absentes du film ! Un foisonnement d’idées intenses, mais non. Il faut tout niveler vers le bas pour appâter les enfants entre 3 et 6 ans, en omettant tout le public de 6 à 99 ans. Rendez-nous service et fermez Illumination. Nintendo et Mario méritent un studio avec plus de maîtrise et de recherche.

Film

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