Invité du podcast britannique The Rest Is Classified, Paul Greengrass raconte qu'on lui a proposé de réaliser un James Bond après La Mort dans la peau, qui avait rapporté près de 290 millions de dollars dans le monde en 2004. Le cinéaste venait de reprendre Jason Bourne à Doug Liman et n'a pas voulu changer de camp.
L'épisode bonus, réservé aux abonnés, a été mis en ligne cette semaine. David McCloskey et Gordon Corera y interrogent Greengrass sur Spycatcher, les mémoires de l'ancien agent du MI5 Peter Wright, qu'il a coécrits dans les années 1980. Le gouvernement de Margaret Thatcher avait multiplié les procès pour en bloquer la publication au Royaume-Uni. Deadline en a extrait les passages consacrés à 007. « Ils me l'ont demandé après La Mort dans la peau », résume le réalisateur. Dans les extraits publiés, il ne nomme ni le film ni son interlocuteur.
Greengrass dit son « immense admiration » pour le travail de Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, qui ont tenu la saga pendant trois décennies, puis qualifie Daniel Craig de « fantastique James Bond ». Pour s'expliquer, il emprunte au football : « C'est un peu comme si vous jouiez pour Manchester United. Vous ne pouvez pas signer à Manchester City. Vous ne vous sentiriez pas bien. On se sent loyal, moi en tout cas. »
Bourne, le rival qui a obligé 007 à changer

En août 2004, l'année même de La Mort dans la peau, Greengrass expliquait au magazine irlandais Hot Press que Bond n'était qu'un « porc impérialiste » attablé à Monte-Carlo devant ses martinis. Bourne, ajoutait-il, fuit « Eux », alors que « James Bond, c'est Eux ».
Deux ans plus tard, Casino Royale de Martin Campbell remplaçait les voitures invisibles de Meurs un autre jour par des combats à mains nues, des os qui cassent et un Daniel Craig qui saigne. Le film ouvrait un cycle de cinq épisodes, jusqu'à Mourir peut attendre en 2021. Interrogé par Empire en 2020, Greengrass reconnaissait que Bourne avait été « un signal d'alarme » pour Bond, avant de saluer la manière dont la saga y avait répondu. Il admettait aussi avoir été « jeune et effronté » à l'époque de ses attaques contre 007.
Bond 26 attend son acteur, Bourne son retour
Depuis, Amazon MGM Studios a repris en 2025 le contrôle créatif de la saga à Broccoli et Wilson, puis confié Bond 26 à Denis Villeneuve. Le réalisateur s'y attellera après Dune : Troisième partie, attendu en décembre. Steven Knight écrit le scénario, Amy Pascal et David Heyman produisent. Les auditions confiées à Nina Gold ont commencé au printemps, mais Amazon n'a toujours pas désigné le prochain 007.
Greengrass, lui, a signé deux autres volets de la saga Bourne avec Matt Damon, La Vengeance dans la peau en 2007 puis Jason Bourne en 2016. Il n'en a plus tourné depuis. « J'espère qu'ils le feront revenir. Je ne sais pas s'ils le feront. Je crois qu'ils essaient toujours », glisse-t-il.



