Madame Web fait partie des films de l’ancien univers Sony consacré aux personnages de Spider-Man. Vendu comme une véritable myriade de personnages connectés avec des histoires intéressantes à raconter, on a eu droit à six purges : une trilogie Venom, un film Morbius, Madame Web et Kraven le Chasseur. Six purges avant que, à un moment donné, l’état-major de Sony dise stop.
Et Madame Web fut l’une des pires. En dépit d’un casting cinq étoiles composé de Dakota Johnson, Sydney Sweeney, Isabela Merced, Tahar Rahim et Adam Scott, le film sur les Spider-Women sans les Spider-Women était rempli de mauvais goût, avec une direction artistique foireuse et hallucinante d’amateurisme. Ses héroïnes n’entraient véritablement en scène que lors des cinq dernières minutes du film.
Notre pire film de l’année 2024, avec 100 millions de dollars de recettes pour à peu près le même budget, est repassé ce dimanche 2 août sur TF1. Et on espère franchement que vous avez réussi à l’éviter.
Madame Web, une « belle crotte de bouc bien emballée »

Chacun s’est renvoyé la balle concernant ce massacre atomique, dont on vous rappelle certaines lignes de notre critique :
« L’essai de créer une dynamique entre Madame Web et les Spider-Women s’avère être un cliché maladroit, tentant désespérément de combler le vide d’un scénario malade où lesdites héroïnes n’apparaissent que pour une maigre poignée de secondes.
Le film, loin de se montrer avare en remplissage, nous offre des placements de produits pour Pepsi et Calvin Klein si flagrants qu’on se demande si l’on n’est pas plutôt assis devant une série de publicités que devant un long-métrage.
Madame Web semble donc être une expérience cinématographique intrigante, qui tente de mettre sur pied un concept sympa : nous faire avaler une belle crotte de bouc bien emballée, avec le sourire… ou un peu de naïveté. »
Dakota Johnson attaque les décisions créatives prises en comité

Lors d’une interview accordée au Los Angeles Times, Dakota Johnson a tenu - encore - à se dédouaner du fiasco. En d’autres termes, ce n’est pas sa faute : elle, elle a tout donné. Vous ne l’entendez pas, mais je me gausse.
« Il y a ce phénomène qui se produit maintenant : beaucoup de décisions créatives sont prises en comité. Ou par des gens qui n’ont pas la fibre créative. Et c’est vraiment difficile de créer de l’art de cette façon, ou quelque chose de divertissant.
Et je pense que, malheureusement, avec Madame Web, c’est parti comme ça et cela a pris une autre tournure. Et j’étais simplement là à ce moment-là. Mais cela arrive. Les films à gros budget échouent tout le temps. »
Le sous-entendu est assez clair et ressemble à une attaque en règle contre les producteurs, souvent réputés pour saccager la vision créative des cinéastes. L’exemple Suicide Squad reste le plus symptomatique de ces guéguerres, David Ayer ayant accusé à l’époque Warner d’avoir dénaturé son film.
Dans tous les cas, personne ne regrettera l’univers Sony. Et on ne manquera pas, à l’occasion, de réhabiliter et de remettre en ligne notre critique de Madame Web. Promis, elle vaut le détour.
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