Les 400 millions de dollars de recettes mondiales (hors inflation) de Tron : L’Héritage (2010) semblent déjà bien loin. Quinze ans après sa sortie, l’univers des motards futuristes et des programmes informatiques revient par la grande porte grâce à Disney avec Tron : Arès, nouvelle porte d’entrée de la saga, qui fait la part belle à la vie réelle au-delà du monde numérique, avec un concept simple — mais pas si éloigné du nanar. Dans un futur proche, une sorte d’imprimante 3D géante est capable de créer armes et êtres humains à partir d’un programme… pour seulement 21 minutes. Tout le monde part alors en quête de la « permanence », permettant d’outrepasser ce délai minuscule — un saint graal soigneusement conservé par Kevin Flynn, vétéran du premier opus, planqué quelque part entre les dimensions.
Ce très gros festival de science-fiction est dominé par Jared Leto. Producteur, acteur et dialoguiste, le comédien est l’un des parangons de cette purge infecte, abhorrée par les critiques américaines (53 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes), mais bien soutenue par le public (84 % de retours favorables). Malgré ces avis contrastés, le public a finalement désavoué ce long-métrage, qui totalise à peine 142,2 millions de dollars de recettes mondiales, pour un budget estimé entre 180 et 220 millions. En tenant compte du fait qu’environ 50 % des recettes reviennent aux exploitants, il aurait fallu plusieurs centaines de millions supplémentaires pour qualifier le film de « succès ».

Il est donc déjà possible de se faire une idée de l’avenir de la franchise. Après ce bide retentissant, Bob Iger, PDG de Disney, a affirmé par l’intermédiaire de Variety, il y a quelques mois, que l’accent serait désormais mis sur des projets « qualitatifs » plutôt que sur une production en grande quantité. Et il ne s’agit plus seulement de paroles : les actes semblent suivre. Tron pourrait ainsi devenir une franchise sacrifiée, avec toutefois la possibilité d’un retour sous différentes formes : une série Disney+ ? Un film de genre au budget plus resserré ? Ou un nouvel opus empreint de nostalgie dans une dizaine d’années ?
Et vous, qu’avez-vous pensé de Tron : Arès ?





