Apple a attendu la toute dernière minute de sa keynote pour dégainer l'appareil que le secteur lui réclame depuis six ans. John Ternus a lâché son « one more thing » vers 17 h 55, et l'iPhone Duo est apparu à l'écran, premier téléphone pliant de la marque. Le nom prend au passage les rumeurs à contre-pied, elles qui juraient toutes sur un iPhone Ultra.
La firme n'a pas résisté au tacle envers la concurrence, en glissant que d'autres avant elle avaient fabriqué des pliables qui ressemblaient à deux téléphones collés l'un à l'autre. Samsung appréciera. Sur le papier, la démonstration tient quand même la route.
7,6 pouces, une caméra invisible et un cadre en titane

Ouvert, l'appareil déploie une dalle Super Retina XDR de 7,6 pouces, soit 50 % de plus que l'écran de l'iPhone 18 Pro Max et 80 % de plus que celui du 18 Pro. Fermé, Apple le compare à un passeport, avec un écran extérieur de 5,4 pouces qui offre 90 % de la surface d'un iPhone 18 Pro, de quoi s'en servir sans ouvrir l'appareil la plupart du temps. La caméra FaceTime passe sous l'écran interne, une première sur un iPhone, ce qui laisse une surface d'affichage continue une fois l'appareil déplié. La charnière maintient la dalle parfaitement plate et contrôle l'ouverture comme la fermeture, réponse à peine voilée au pli marqué qu'on reproche depuis des années aux Galaxy Z Fold. Le cadre est en titane usiné, poli en finition miroir, et Apple annonce l'iPhone le plus fin qu'elle ait jamais produit. L'ensemble est certifié IP68, poussière comprise, là où les pliants concurrents se contentent le plus souvent d'une résistance à l'eau, la charnière restant un point d'entrée difficile à sceller. Touch ID revient au passage, logé dans le bouton latéral, et l'appareil n'arrive qu'en deux coloris, Star White et Night Sky.
Le dock quitte le bas de l'écran

Le logiciel bouge aussi, et c'est sans doute le plus intéressant. Le dock se range à la verticale sur le bord droit, plié comme déplié, et l'interface s'étend quand on ouvre l'appareil au lieu de recharger une autre disposition. Dans Mail, la barre d'outils descend elle aussi sur le côté, ce qui libère de la hauteur pour le contenu. Craig Federighi a enchaîné sur le multitâche, avec deux applications affichées ensemble ou la même ouverte deux fois, et sur un mode posé sur table qui permet de regarder une vidéo sans support, l'audio compensant la distance changeante entre les haut-parleurs. L'Apple Pencil sera pris en charge d'ici la fin de l'année sur les deux écrans, une première sur un téléphone de la marque. Nous avons suivi les trois quarts d'heure de démonstration qui ont précédé, et cette continuité entre les deux écrans reste le seul argument logiciel qu'Apple a vraiment martelé.
Reste une concession, visible au dos, où l'on ne compte que deux objectifs quand les iPhone 18 Pro présentés une heure plus tôt en alignent trois. Après une démonstration photo aussi appuyée, avec l'ouverture variable et les commandes manuelles dignes d'un boîtier, le manque se verra au moment des comparatifs, sur un appareil qui se place pourtant tout en haut de la gamme.
Le tarif est tombé en toute fin de keynote, et il pique. L'iPhone Duo démarre à 2 339 euros en 256 Go, monte à 2 589 euros en 512 Go et à 3 089 euros pour le téraoctet, avec des précommandes le 16 octobre et une sortie le 23, soit plus d'un mois après les iPhone 18 Pro. À capacité égale, cela fait 860 euros de plus qu'un iPhone 18 Pro affiché à 1 479 euros, le prix d'un second téléphone. Apple avait déjà relevé la note sur les Mac mini M6 et Mac Studio M5 il y a dix jours. On donne les tarifs français dès qu'ils tombent dans notre direct de la keynote, où l'on avait listé tout ce qui était attendu avant la conférence.
