Toi aussi, tu connais ce sentiment ? Celui où tu attends un film depuis plus de cinq mois et sa grande sensation au dernier Festival de Cannes, pour au final découvrir que c'est un des pires films de la décennie ? C'est Hope de Na Hong-jin.
Je vous vois déjà venir : ce n'est pas une volonté de ma part de dénigrer le cinéma coréen. Les films de Bong Joon-ho et Park Chan-wook sont tous des chefs-d'œuvre, à quelques exceptions près. Aucun autre choix, avec Lee Byung-hun, sorti en 2025, est un vrai pamphlet sociétal. Dernier train pour Busan est absolument génial. Et encore, je ne suis ici que dans les strates d'un cinéma coréen populaire.
J'attendais avec impatience Hope, sorte de phénomène galvanisant après son aventure cannoise où les gens l'ont ovationné, au point de le comparer à la frénésie de Mad Max: Fury Road de George Miller. J'ai donc été appâté comme il faut. Sauf que Hope est largement trompeur sur la marchandise. J'y ai vu non seulement le pire film de l'année, mais peut-être aussi celui de la décennie.
Hope : une mise en scène fainéante et des effets spéciaux ratés

La fainéantise de la mise en scène est hors normes. Le film commence sur des assassinats mystérieux de vaches d'abord, puis d'humains ensuite. On enquête, on est dans l'investigation.
On sent une inspiration d'un Kiyoshi Kurosawa des mauvais jours : un thriller noir avec des dialogues vraiment puérils. Le scénario ressent le besoin de partager chaque centimètre carré des émotions des personnages, pour être dans un surjeu permanent. C'est pas grave, on attend et on espère l'arrivée de l'action pour lancer enfin ce que l'on nous a promis.
Dans ce premier segment, le mystère est malgré tout bien mené, le film est filmé correctement, les décors sont très jolis et intéressants et la manière de dissimuler la menace est habile. Puis elle se dévoile et c'est immonde. La vaste scène d'action du début dans les bidonvilles n'est que le miroir de celle qui aura lieu en fin de film sur l'autoroute. La créature court, on la poursuit, on la shoote, elle s'enfuit, on la poursuit… On inverse juste les rôles du chasseur et du chassé à la fin.
Les images de synthèse sont ratées, malgré un budget estimé jusqu'à 75 millions de dollars selon certaines sources. On essaie de se prendre au jeu sur l'action, mais c'est clairement indigeste. On nous sert des ralentis mettant vraiment le doigt sur les effets spéciaux à côté de la plaque et des retournements de situation ridicules.
Mention spéciale à Jung Ho-yeon, en policière qui sort de sa voiture pour armer son fusil dans un ralenti totalement ridicule afin de venir en aide à son capitaine. On est sur des archétypes pas malins, les personnages sont puérils et jamais travaillés.
Hope : où est passée la frénésie promise de Mad Max: Fury Road ?

La frénésie de Fury Road ? Elle s'arrête dans un ventre mou en plein milieu, où la police interroge un personnage qui explique pendant presque dix minutes à quel point il était en train de faire caca avant de voir le monstre débouler sous ses yeux.
On parle pour ne rien dire et on sombre dans le sur-explicatif, avec beaucoup de surjeu toujours présent. Ensuite, on arrive dans le dernier tiers et la dernière scène d'action, hyper minimaliste et répétitive.
Les aliens sont affreusement construits et n'ont aucune motivation. Je suis incapable de vous résumer leur pensée ultra-philosophique de fin quand ils constatent la destruction de leur vaisseau. Personne ne comprend leurs motivations à tout saccager. Pire encore, on semble terminer sur un cliffhanger de fin suggérant une suite. Pour quoi faire ?
Il y a tant de choses à dire qui ne fonctionnent pas. Je n'ai jamais vu un film aussi ridicule, moche, balbutiant, avec un rythme jamais cohérent et indigeste. On peut uniquement sauver quelques décors très jolis et des mouvements de caméra singuliers. Le reste est à vomir.
La musique n'est qu'un amoncellement de sons accompagnant l'action. Sans l'audace d'un Junkie XL qui avait retourné tout le monde il y a dix ans quand arrivait le festival rock'n'roll de George Miller.
La plus grande fraude de ces dernières années. J'ai vraiment hâte que vous nous laissiez votre avis en commentaires pour savoir si vous y avez décelé des subtilités que l'on n'a pas vues. En salles dès le 28 octobre 2026.


