À peine quelques semaines après son lancement, le jeu fait déjà face à un échec retentissant : les serveurs fermeront définitivement le 12 mars 2026, soit seulement 45 jours après sa sortie. Un chute presque aussi résonnante que celle du tristement célèbre Concord.
Comment un projet porté par des vétérans d’Apex Legends et Titanfall a-t-il pu s’effondrer aussi vite ? Retour sur l’un des lancements les plus compliqués de l’année.
Highguard : un shooter prometteur signé par des vétérans de l’industrie
Développé par le studio Wildlight Entertainment, Highguard est un FPS multijoueur free-to-play dans lequel les joueurs incarnent des “Wardens”, des tireurs arcaniques qui s’affrontent pour contrôler un continent mythique.

Le projet était particulièrement attendu pour une raison simple: le studio a été fondé par plusieurs anciens développeurs de Respawn Entertainment, connus pour leur travail sur Apex Legends, Titanfall et Call of Duty.
Présenté lors des Game Awards 2025, le jeu se positionnait comme un hero shooter mêlant raid PvP, exploration et combats rapides. Sur le papier, la recette semblait solide. Mais la réalité du marché des jeux multijoueurs est beaucoup plus impitoyable, à l'heure où les géants du genre peinent déjà à maintenir une audience constante.
Un lancement massif… suivi d’une chute brutale
À son lancement le 26 janvier 2026, Highguard attire rapidement l’attention. Les serveurs sont même saturés lors des premières heures, avec près de 100 000 joueurs simultanés sur Steam. Un pic que tous les nouveaux jeux gratuits multijoueur ayant proposé une bonne campagne marketing connaissent généralement.
Mais malgré tout, l’enthousiasme ne durera pas: le jeu perd en effet 80 % de ses joueurs dès le lendemain du lancement. Trois semaines plus tard, il peine à dépasser 2 000 joueurs simultanés sur steam. Sur la plateforme les évaluations restent mitigées avec seulement 46 % d’avis positifs.

Les critiques des joueurs reviennent souvent sur les mêmes problèmes: manque de contenu, gameplay jugé répétitif, problèmes de performances et de serveurs et un équilibre des armes contesté. Un cocktail explosif qui ne pardonne pas pour les jeux shooters multijoueur PvP.
Même si certains saluaient le potentiel du concept, beaucoup estimaient que le jeu arrivait trop tard sur un marché déjà saturé de hero shooters et Battle Royale.
Des licenciements rapides et une fermeture express
Hélas, dans le monde du développement vidéoludique, une chute en entraîne généralement une autre. Et la situation s’est rapidement aggravée au sein du studio.
Moins d’un mois après la sortie du jeu, Wildlight Entertainment procède déjà à des licenciements massifs pour tenter de réduire les coûts.
Malgré plusieurs mises à jour visant à améliorer la stabilité et le gameplay, le studio finit par reconnaître que le jeu n’a pas réussi à construire une base de joueurs durable.

Au total, plus de 2 millions de joueurs ont essayé Highguard, mais l’activité quotidienne est rapidement tombée à seulement quelques centaines de joueurs sur certaines plateformes.
Résultat : les développeurs annoncent une dernière mise à jour finale avant la fermeture définitive des serveurs.
Une fin brutale pour un projet de quatre ans
Le plus ironique dans l’histoire reste la durée de développement du jeu. Highguard a été développé pendant près de quatre ans avant sa sortie officielle. Et pourtant, moins de deux mois auront suffi pour couler les espoirs de tout un studio.
Le studio promet malgré tout une dernière mise à jour avec un nouveau personnage, une arme et des arbres de compétences, histoire de remercier la communauté avant la fermeture.
Mais pour Highguard, l’aventure est déjà terminée.
Un symptôme d’un problème plus large dans l’industrie
L’échec rapide de Highguard n’est pas un cas isolé.
Ces dernières années, le marché des jeux live-service est devenu extrêmement risqué. Même des projets très financés peuvent disparaître en quelques semaines si la base de joueurs ne suit pas. Et les exemples récents se multiplient : Concord, retiré seulement deux semaines après son lancement, Skull and Bones, qui tient la barre tant bien que mal mais avec des dépenses faramineuses et une base de joueurs volatile et fragile, entre autres plusieurs projets multijoueur annulés ou restructurés chez les grands éditeurs...

Pour beaucoup d’analystes, la conclusion est claire: le public n’a plus de place pour des dizaines de nouveaux shooters live-service. Entre le manque de temps pour les joueurs, les aspects compétitifs qui ne trouvent pas tout le temps leur public et la triche omniprésente sur le jeu en ligne en plus d'un marché saturé, les raisons et causes sont nombreuses.
Il semble alors que seuls les plus gros titres déjà installés peuvent espérer perdurer sur la scène gaming. Les regards sont toujours tournés vers Overwatch, Marvel Rivals, Valorant, Apex Legends ou Fortnite, mais ne semblent plus avoir d'yeux pour les petits nouveaux qui arrivent dans le milieu, plein d'espoir et le regard tourné vers un avenir hélas trop incertain.





