Take-Two veut mettre un nom sur CyberLeek. CyberLeek, lui, préfère manifestement continuer à publier du gameplay de GTA 6. Malgré les suppressions de vidéos et désormais des demandes judiciaires adressées à Microsoft et Discord, de nouvelles séquences ont encore été diffusées ce week-end. Et le leaker semble avoir beaucoup plus qu'une poignée de captures d'écran sous le coude.
Les leaks de GTA 6 continuent, même après l'entrée en scène des avocats
Depuis le 18 août 2026, GTA 6 fuit à un rythme que Rockstar Games aurait probablement préféré réserver à sa campagne marketing.
Une personne ou un groupe utilisant le nom CyberLeek diffuse régulièrement des vidéos présentant ce qui ressemble fortement à une version récente de Grand Theft Auto VI. Rockstar n'a toujours pas confirmé publiquement l'authenticité des images, mais Take-Two s'est rapidement mis à faire supprimer certaines publications pour violation de copyright.

Surtout, l'affaire est passée à l'étape supérieure le 20 août. Take-Two a déposé devant un tribunal fédéral du district sud de New York des demandes fondées sur le DMCA afin d'obtenir auprès de Microsoft et Discord des informations permettant d'identifier les responsables des fuites. Les documents réclament notamment des données de comptes, adresses IP et différents identifiants techniques. Les entreprises visées doivent répondre d'ici au 4 septembre.
Une procédure qui aurait pu pousser CyberLeek à se faire oublier quelques semaines. Mais manifestement, ce n'est pas ce qu'il avait prévu.
Que montrent les nouveaux leaks de GTA 6 ?
CyberLeek présente son opération comme une croisade contre certaines pratiques de l'industrie. Son manifeste réclame notamment la fin des précommandes numériques, l'interdiction de vendre comme DLC du contenu déjà présent dans les fichiers du jeu et la présence d'un mode hors ligne permettant de préserver les expériences solo après l'arrêt des serveurs.
Et finalement, certaines critiques parleront probablement à pas mal de joueurs.
Le problème est que CyberLeek accompagne aussi les fuites de la promotion de son propre token crypto, allant jusqu'à utiliser sa capitalisation pour conditionner la publication de nouveaux contenus. Le discours « défense des consommateurs » devient donc légèrement plus difficile à avaler lorsque la révolte commence à ressembler à une opération marketing pour memecoin.

Et depuis, le concept est allé encore plus loin. Trop loin même. CyberLeek propose désormais des espaces publicitaires dans ses futures vidéos. Pour simplement entrer en contact et obtenir une réponse, le site demandait 400 Monero, soit environ 165 000 dollars au moment où l'offre a été repérée. Les tarifs définitifs seraient ensuite négociés en privé. Oui, 165 000 dollars pour avoir le privilège de commencer une conversation.
Que risque réellement le leaker de GTA 6 ?
Beaucoup.
Pour l'instant, les démarches de Take-Two contre Microsoft et Discord servent avant tout à identifier les personnes derrière CyberLeek. Il ne s'agit donc pas encore d'un jugement établissant leur responsabilité.

Mais si l'identité du leaker est retrouvée, plusieurs fronts pourraient s'ouvrir.
La diffusion volontaire d'images protégées d'un jeu encore destiné à une commercialisation future peut entraîner une procédure civile pour violation de copyright. Aux États-Unis, la distribution volontaire d'une œuvre préparée pour une commercialisation peut également, sous certaines conditions, devenir une affaire pénale. Le fait de chercher désormais à monétiser directement les vidéos via de la publicité ou des cryptomonnaies n'est clairement pas le genre de détail qui aide à présenter l'opération comme une innocente passion pour l'archivage vidéoludique.
Et si CyberLeek a obtenu le build en pénétrant sans autorisation dans un système informatique, les risques deviennent encore plus sérieux. La législation américaine, comme celles de nombreux autres pays (chez nous notamment), prévoit des sanctions pénales pour l'accès non autorisé à des systèmes et le vol de données. La juridiction applicable dépendra évidemment de l'identité du responsable, de sa localisation et surtout de la manière dont les fichiers ont été obtenus.

Rockstar connaît déjà le scénario. En septembre 2022, une intrusion avait permis la diffusion d'environ 90 vidéos de développement de GTA VI. Rockstar avait alors confirmé qu'un tiers avait illégalement accédé à ses systèmes.
Arion Kurtaj, membre du groupe Lapsus$ impliqué dans cette attaque mais aussi dans celles visant notamment Uber et Nvidia, avait ensuite été placé sous hospital order à durée indéterminée au Royaume-Uni après une affaire mêlant piratage, fraude et extorsion. Une sanction qui ne concernait donc pas uniquement les leaks de GTA VI, mais qui rappelle tout de même que ce genre de partie peut très mal se terminer.
Pour le moment, CyberLeek semble décidé à continuer. Take-Two, de son côté, essaie désormais de transformer un pseudonyme en identité réelle.
Et vu que le leaker vient de répondre à une procédure judiciaire avec davantage de vidéos et une régie publicitaire à six chiffres, on peut raisonnablement supposer que la méthode « profil bas » n'a jamais été envisagée.



