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Far Away (2011) Tout ce qui fait un bon film de guerre

Par Julien1 janvier 2018Mis à jour le 11 juin 2023

Fondateur de GeeksLands, développeur et rédacteur passionné de streaming, jeux vidéo et nouvelles technologies.

Retour sur un film de guerre coréen passé plutôt inaperçu

En 2011 Kang Je-gyu, réalisateur coréen, sort son quatrième film, qui est aussi son deuxième film de guerre. Il faut dire que ce réalisateur n’est pas très productif, et c’est bien dommage au vu de son talent. Après avoir réalisé Frères de sang en 2004, que je vous conseille, notre réalisateur se penche sur une histoire tout à fait originale.

Le récit met en scène l’amitié entre deux champions marathoniens dans les années 30, un coréen Jun-shik Kim et un japonais, Tatsuo Hasegawa. Dans un contexte de compétition permanente entre les deux jeunes hommes et un contexte géopolitique complexe (la Corée est occupée par les japonais), leur amitié sera fragilisée. Plus tard, l’assassinat du grand-père de Tatsuo par un terroriste coréen brisera leur entente. En 1938, après une longue absence, Jun-shik Kim fait son grand retour et bat Tatsuo Hasegawa lors d’un grand marathon. Injustement, le coureur coréen est disqualifié et la victoire revient donc au coureur japonais. Pour les supporters coréens c’en est trop. Ceux-ci provoquent une émeute, et à la suite de ces évènements, le tribunal japonais condamne Jun-shik Kim et ses compagnons à combattre dans l’armée impériale. De plus, ceux-ci vont se retrouver sous les ordres de Tatsuo lui-même. Capturés par les russes, enrôlés de force dans l’armée soviétique, prisonniers des allemands pour être une nouvelle fois enrôlés, les deux hommes vont parcourir 12 000 km pour se retrouver finalement sur les plages de Normandie, en juin 1944. Cette histoire est inspirée de celle de Yang Kyoungjong, un soldat coréen capturé par les américains sur les plages de Normandie.

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Le cinéma coréen a un réel succès aujourd’hui. On le voit notamment avec des réalisateurs tels que Kim Jee-woon (A Bittersweet Life, J’ai rencontré le diable…) ou Park Chan-wook (Mademoiselle, Old Boy…). Il est donc plutôt étonnant de voir un film comme Far Away passer inaperçu à sa sortie en 2011, en Occident.

J’ai beaucoup de choses à dire sur ce film. Quand je l’ai découvert il y a de cela 4 ans, je me suis dit que je venais de voir l’un des meilleurs films de guerre. Pourquoi ?

Tout d’abord, les scènes de guerre sont impressionnantes. Au côté de simples soldats, on se sent dépassé par les batailles. Brûlés, déchiquetés, écrasés ou transpercés, la violence de celles-ci portée à l’écran est d’un réalisme saisissant. Rien à dire sur les effets spéciaux : la perfection. Au-delà du montage rapide et efficace, on sent un réel travail sur les couleurs. Camaïeux gris sous la neige de Sibérie, couleurs très vives pour les plaines de Mongolie, tout dépend du contexte. Le réalisateur arrive à montrer des batailles de la Seconde Guerre mondiale complètement différentes. On en compte quatre au total : la première dans un champ pétrolifère, la deuxième dans une plaine, la troisième dans les ruines d’une ville russe et enfin, la quatrième est tout simplement le débarquement de Normandie. Vous l’aurez compris, ce qui fait la force de Far Away, ce sont les scènes de bataille.

La musique du film est quant à elle mémorable, digne des plus grands films de guerre. Elle n’accompagne que très peu les scènes de bataille, ce qui est osé mais très réussi. En effet ce choix nous permet de mieux nous plonger dans le film. Elle est, si je puis dire, à l’image des couleurs, un camaïeu de violons discrètement accompagné d’un orchestre.

La performance des acteurs est juste. Chaque personnage a sa propre personnalité, certains évoluent de façon surprenante. Ils ne laissent pas indifférent. Au long du film, le sentiment du spectateur va transcender l’affectif que l’on peut éprouver pour tel ou tel acteur. Comme Mel Gibson avec La passion du Christ ou Apocalypto, le réalisateur pousse le réalisme au point d’intégrer plusieurs langues avec des acteurs de nationalités différentes tout au long de l’histoire : russes, coréens et japonais notamment. Un conseil pour regarder ce film : version originale sous-titrée, si vous voulez pleinement en profiter et éviter le doublage français de mauvaise qualité.

Tout ce que j’ai à vous dire pour finir, c’est « regardez-le ». Amateurs de films de guerre ou non, cette œuvre cinématographique plaît beaucoup à en voir les critiques sur Allociné. C’est une véritable expérience de cinéma. Il était important pour moi de vous en parler, vous devez voir ce film.

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