Doki Doki, le renouveau de l'horreur Visual Novel.
Cette parodie de "date simulator" était un phénomène d'horreur à sa sortie: Pas d'histoire bien compliquée, des filles adorables au style japonais qui veulent juste devenir vos amies, ou plus... Mais un gameplay qui se joue de vous plus que vous ne jouez avec lui. L'horreur vient s'immiscer crescendo dans les recoins de votre écran jusqu'à le recouvrir de glitchs déroutants.

Quatre filles toutes mimi qui cachent bien leur jeu.
Le principe est plutôt simple, avec un scénario plus que classique pour un "date sim": vous êtes invité par votre meilleure amie à rejoindre un club au lycée, le club de littérature. Bon, après avoir rencontré les filles sublimes de ce fameux club, aucune hésitation ne vient vous embêter. À la fin de chaque journée vous écrirez alors un poème (juste prendre des mots aléatoires correspondant aux filles), et essayerez de plaire à la fille que vous préférez.

Pourquoi il n'y a pas les quatre filles ?
Au fur et à mesure que vous apprenez à connaître Sayori, Yuri, Natsuki et Monika, vous remarquez quelques mots un peu particuliers dans vos poèmes: mort, désespoir, luxure, instable, suicide... Quelque chose ne va pas, mais vous faites comme si tout allait bien, surtout quand vous voyez la mini Sayori sauter au mot "Suicide" ou "Dépression". La tristesse bien cachée de Sayori, l'amour pour l'horreur et l'anxiété sociale de Yuri, et la douceur camouflée par la colère de Natsuki, tout arrive relativement vite. Lorsque Monika annonce l'arrivé d'un festival au lycée, tout accélère. Votre relation avec votre meilleure amie Sayori se complique, vous aiderez une des filles pendant le dimanche pour les préparatifs, et malheureusement ni Sayori ni Monika ne sont dans les choix. Le dimanche arrive plus vite que vous ne le pensez, vous vous rapprochez alors de la fille que vous avez choisi d'aider... avant que votre meilleure amie ne vous croise avec elle à l'entrée de chez vous. S'en suit une longue discussion à l'issue de laquelle vous choisirez de soit avouer vos sentiments pour Sayori, soit la friendzone. Sauf que là vient la plus grande injustice du jeu: votre choix ne change rien à la suite.

L'illusion du choix est la clé du jeu.
Le jeu depuis le début vous fait croire que vos choix changent les évènements. Que vous contrôlez ce qui se passe, alors que vous n'avez techniquement aucun impact sur le cours de l'histoire. Et la manière de vous le montrer est... plus que traumatisante. Le lundi démarre comme d'habitude à l'exception de l'absence de Sayori, qui vous provoque un mauvais pressentiment, au point de vous rendre chez elle. Et vous aviez plutôt raison de le faire, car spoiler: votre meilleure amie s'est pendue dans sa chambre, sans rien dire à personne.

Poème secret débloqué après cet évènement.
Bon, à partir de là, le jeu brise complètement le 4ème mur en redémarrant, sans Sayori. Votre partie se relance, vous fait repartir du début, sans votre meilleure amie. Bienvenue dans une version buggée, beaucoup plus sinistre et franche de Doki Doki.

Le gameplay à partir de ce point de non retour enchaîne les moments malaisants dans sa bizarrerie et ses surprises. Spécifiquement les passages avec Yuri, qui est sensé être la plus timide des 4, nous révèle son étrangeté plus on se rapproche d'elle. Elle est de plus en plus à l'aise, ce qui peut surprendre, surtout dans ses jumpscares. Quand une fille normalement silencieuse et introvertie se met à être extrêmement tactile et avenante, c'est perturbant. Pour ne rien arranger au malaise, Monika prend de plus en plus de place à l'écran...

Pourquoi c'est bien, qu'une fois ?
Doki Doki Littérature Club, c'est du génie de timing, de code, et de design. Le gameplay est dynamique malgré sa mécanique statique, et sa tonne de dialogue. Le storytelling peut paraître un peu superflu durant le premier acte, mais devient essentiel à la compréhension du jeu. Plus vous jouez, plus le jeu vous perd dans son horreur, pour finalement faire sens à la fin. L'histoire se focus sur la santé mentale fragile des 4 filles, et nous prévient que des problèmes peuvent être aussi visibles qu'invisibles. Mais... Le plus gros problème de ce visual novel, c'est son manque de rejouabilité. Le jeu est fait pour provoquer une première impression mémorable, être impactant dans l'inattendu de son horreur morbide, pas pour être joué plusieurs fois. La première partie, peu importe le jeu, généralement on s'en souvient, et ce jeu repose sur ça. C'est un jeu qui va vite se propager, vite acquérir une fanbase énorme de "weird kid" ou de gens qui comprennent le fond et l'idée du jeu. Simple à dessiner pour les fans, un pied dans le niche, l'autre dans le jeu culte de l'horreur récente. Le jeu est sorti en 2017, ce qui maintenant paraît vieux pour les nouvelles générations. Mais malgré ça, le jeu a extrêmement bien vieillit sur les Pc actuels, et est toujours agréable pour une première partie. C'est toujours actuellement un jeu qui maitrise son horreur et son interface, même presque 10 ans après.

Juste Monika.




