Le film le moins cher du DCU est aussi celui qui a le plus de chances de lui rendre un peu grâce, le nouveau spot télé de Clayface, mis en ligne le 20 septembre au soir, nous conforte dans cette idée. À un mois de la sortie française, fixée au 21 octobre 2026 (deux jours avant les États-Unis), Warner montre un peu plus la transformation de Matt Hagen sans brader son monstre, la bonne façon de vendre un film d'horreur.
Nouveau spot de Clayface
Dans ce spot relayé sur X, la scène se déroule dans une boîte de nuit. Matt Hagen, joué par le Gallois Tom Rhys Harries, y perd le contrôle de sa peau devenue malléable, un œil commence à sortir de son orbite et sa partenaire de danse recule, horrifiée. La scientifique incarnée par Naomi Ackie explique qu'il maîtrise assez son état pour changer de visage, avant qu'une réplique ne tombe, « Est-ce si grave ? ». Le plan final fait monter une colonne d'argile jusqu'à dessiner la silhouette massive que les lecteurs de Batman connaissent depuis 1961, année de naissance du personnage de Matt Hagen dans les comics, avant que la série animée de 1992 n'en fasse un acteur défiguré.
Le film repart de cette idée, celle d'un comédien au visage détruit dont le traitement expérimental répare les traits avant de transformer son corps en glaise vivante, quelque part entre La Mouche de Cronenberg et le film de monstre classique. La forme finale reste hors champ. James Watkins s'en est expliqué cet été auprès d'Entertainment Weekly en citant Les Dents de la mer :
« On ne veut pas montrer le requin. Je trouve que les gens en dévoilent trop, je crois au pouvoir du mystère et de la suggestion. »
Le réalisateur d'Eden Lake, de La Dame en noir et du remake de Speak No Evil sait de quoi il parle, et nous préférons cette retenue à une campagne qui aurait grillé sa créature dès le mois d'avril.
40 millions de dollars, soit quatre fois moins que Supergirl

Tourné à Liverpool et aux studios de Leavesden à l'automne 2025, Clayface a coûté environ 40 millions de dollars. En face, Supergirl a terminé sa course à 126 millions de recettes pour un budget proche de 170 millions. Avec la règle habituelle du double et demi, une centaine de millions de dollars dans le monde suffirait à rentabiliser le film de Watkins, un seuil à la portée d'un film d'horreur bien vendu.
L'automne vient d'ailleurs de le rappeler, puisque Resident Evil a ouvert à 60 millions de dollars en Amérique du Nord quand Sony en espérait 40. Warner avait senti le coup dès le 6 février, en décalant Clayface du 11 septembre au 23 octobre pour le coller à Halloween. En France, il arrivera une semaine après Malfaisante, l'autre gros film d'horreur d'octobre, et les deux publics se recoupent assez pour que le second week-end du film Blumhouse en souffre.
L'histoire vient de Mike Flanagan, le scénario a été repris par Hossein Amini, l'auteur de Drive, et Matt Reeves produit aux côtés de James Gunn et Peter Safran. Max Minghella joue un inspecteur de Gotham, Eddie Marsan et David Dencik complètent la distribution, et l'intrigue se situe avant les événements de Superman. Troisième long-métrage du DCU, Clayface en sera surtout le premier classé R, pour « violences sanglantes, gore, langage, nudité et brève consommation de drogue » selon la classification américaine.
Je ne m'attends pas à un carton mondial, DC n'en a pas besoin. Il lui faut un film qui rapporte plus qu'il ne coûte et dont on parle pour de bonnes raisons, ce que ni les capes ni les 170 millions de l'été n'ont su offrir. Si le monstre tient les promesses de ce spot, les petits budgets d'horreur pourraient bien devenir la partie la plus solide du plan de James Gunn. Reste à savoir si vous irez voir un méchant de Batman sans Batman le 21 octobre, on lit vos réponses juste en dessous.



