Clayface est arrivé mercredi dans les salles françaises, deux jours avant sa sortie américaine. AlloCiné établit sa moyenne de 3,1 sur 5 sur douze titres de presse ; les 75 % d'avis positifs de Rotten Tomatoes portent sur 88 critiques. Tom Rhys Harries, son interprète principal, est salué jusque dans les critiques négatives.
Matt Hagen, star de Gotham défigurée
Matt Hagen, enfant des rues de Gotham, est devenu une star d'Hollywood. Un caïd le défigure. Un traitement expérimental, dont les spots du film montraient déjà les effets, lui rend son visage mais lui fait perdre pied. Il cherche alors à se venger. Naomi Ackie joue la docteure Caitlyn Corr. David Dencik, Max Minghella et Eddie Marsan tiennent les autres rôles principaux.

James Watkins (Eden Lake, La Dame en noir) réalise le film sur un scénario coécrit par Mike Flanagan, le créateur de The Haunting of Hill House, avec Hossein Amini, scénariste de Drive. Il dure 1 h 48. En France, il est interdit aux moins de 12 ans avec avertissement ; aux États-Unis, il est classé R, notamment pour son gore et sa violence sanglante. C'est le troisième film de l'univers DC piloté par James Gunn et Peter Safran, après Superman et Supergirl.
Une presse française partagée
Les extraits rassemblés par AlloCiné vont de l'enthousiasme à la déception. Filmsactu parle d'« une sacrée bonne surprise ». Pour Le Parisien, le film « revient aux sources d'un super-vilain ». Sud Ouest salue un « body horror viscéral ». Critikat décrit « une série de visions n'ayant pas peur de flirter avec le ridicule, mais qui cultivent une réelle étrangeté ». Libération reconnaît « son efficacité ».
Le Point estime au contraire que le film de James Watkins « ne semble jamais vraiment savoir où il veut aller ». Les Inrockuptibles le jugent desservi par « une réalisation pas à la hauteur ». Première regrette un film « qui manque cruellement de nerf mais pas d'humanité ». Pour Les Fiches du cinéma, c'est « un honnête divertissement », qui manque toutefois « d'envergure et de bizarrerie ». Les spectateurs d'AlloCiné lui donnent 3,3 sur 5.
Variety et le Hollywood Reporter conquis
Pour Guy Lodge, de Variety, Clayface « dépasse les attentes dans presque tous les domaines » sans renier son esprit de série B. Frank Scheck, du Hollywood Reporter, le range parmi « les grandes surprises de l'année ».

Kate Erbland, d'IndieWire, reconnaît que le film tranche avec les adaptations de comics habituelles, mais trouve qu'il « déroute bien plus qu'il ne captive ». Sur RogerEbert.com, Brian Tallerico lui reproche de manquer du langage visuel des meilleurs films de cet univers. Josh Wilding, de ComicBookMovie, est le plus sévère : « C'est Morbius, en un peu mieux ». Il ne lui accorde que 2,5 sur 5 et juge le film trop sage pour devenir un classique de l'horreur.
Tom Rhys Harries et Naomi Ackie salués
Josh Wilding qualifie pourtant l'acteur gallois de « trouvaille brillante » de DC Studios. Kate Erbland note qu'il parvient à faire passer une émotion sincère sous des couches de maquillage et d'effets numériques. Matt Donato, du site Daily Dead, espère le revoir, en héros auquel on s'attache comme en méchant qu'on craint. The Cinematic Reel trouve Naomi Ackie « sensationnelle ». Son humour pince-sans-rire laisse respirer le film. Muses of Media voit dans la docteure Corr « le cœur du film ».
Un body horror sanglant, dans la lignée de La Mouche
Brian Tallerico relève que le film reprend à La Mouche de David Cronenberg son histoire d'amour condamnée par un corps qui se décompose. Variety y voit aussi l'héritage de Darkman de Sam Raimi. Pour le site Awards Watch, le film est plus proche de The Substance que de Superman.

Variety loue des prothèses « constamment inspirées » et des visages qui fondent pour de bon. Black Girl Nerds prévient que certains passages pousseront les spectateurs à se cacher les yeux. Matt Donato le trouve rarement effrayant, mais dérangeant et très sanglant. Plusieurs critiques trouvent pourtant que le monstre se fait attendre. Le site Awards Watch relève que ses pouvoirs ne servent pleinement que dans une seule scène. ComicBookMovie estime que ces dix ou quinze secondes de « Clayface classique » ne valaient pas l'attente.
Faut-il aller voir Clayface ?
Les critiques le recommandent d'abord aux amateurs d'horreur corporelle et d'effets spéciaux à l'ancienne, plutôt qu'au public d'un film de super-héros. Le site Heaven of Horror relève de nombreuses références à d'autres personnages de DC, héros comme méchants. Spencer Perry, de ComicBook.com, aurait aimé davantage d'indices sur la place du film dans l'univers DC. Muses of Media regrette une Gotham sans personnalité.
Les premières réactions, publiées le 14 octobre après les projections américaines, étaient plus enthousiastes que les critiques complètes. Clayface sort vendredi 23 octobre aux États-Unis.





