Call of Duty 4: Modern Warfare, World at War, Modern Warfare 2, Black Ops et Black Ops II. Cinq noms qui mettent à peu près tout le monde d'accord, des vétérans du multijoueur aux amateurs de campagnes solo marquantes. Le problème, justement, c'est que tout le monde est d'accord, et que ça en dit plus long sur l'état actuel de la franchise que sur la qualité de ces jeux.
2007-2012 : la dernière fois que Call of Duty inventait quelque chose

Modern Warfare a posé les fondations en 2007 avec le système de Create-a-Class, les killstreaks et une progression multijoueur qui allait devenir le modèle de toute une génération de shooters. World at War a ramené la brutalité de la Seconde Guerre mondiale avec un mode Zombies devenu culte. MW2 a poussé le spectacle à un niveau rarement égalé, entre « No Russian » et une campagne qui assumait de choquer. Black Ops a ajouté une couche narrative paranoïaque réussie, et Black Ops II a pris le risque d'un futur proche avec des choix qui influençaient la fin de la campagne.

Chacun de ces jeux apportait quelque chose de neuf. Une mécanique, un cadre, un parti pris. Ils prenaient des risques mesurés, mais ils en prenaient. La série avançait.
2025-2026 : Black Ops VI, VII, et après ?
Attardons-nous un peu sur ce qu'est devenu Call of Duty depuis. Black Ops 7 a été annoncé alors que Black Ops 6 n'avait même pas un an, doit deux épisodes Black Ops coup sur coup, dans une franchise qui sort un jeu par an (parfois tous les deux ans quand Activision veut faire croire à un changement de rythme). Le nom « Black Ops » ne désigne plus une identité créative, juste une marque qui rassure les investisseurs et les précommandes de masses.

Le multijoueur, lui, s'est transformé en vitrine à microtransactions. Des skins roses fluo, des opérateurs déguisés en personnages de dessins animés, des armes couvertes de néons; tout ce qui faisait le réalisme militaire tendu de Modern Warfare a été sacrifié sur l'autel du Battle Pass. Le moteur graphique a beau être techniquement impressionnant, il tourne au service d'une direction artistique qui ne sait plus ce qu'elle veut être.
La nostalgie comme aveu d'échec
Quand la presse et les joueurs continuent de citer les mêmes cinq jeux sortis entre 2007 et 2012, ce n'est plus un hommage, c'est un diagnostic critique. Treize ans sans qu'un seul épisode ne vienne bousculer ce classement. Treize ans de suites, de reboots, de remasters et de numérotations absurdes (Modern Warfare, Modern Warfare II, non pas celui de 2009, l'autre) sans que rien ne s'impose comme un nouveau standard.

La franchise génère toujours des milliards. Warzone a élargi l'audience, le rachat par Microsoft a garanti sa survie financière. Mais en termes de création pure, Call of Duty tourne en rond depuis plus d'une décennie. Ce classement des cinq chefs-d'œuvre n'a aucun concurrent dans la franchise et ne fait pas office de podium, il est le rappel constant d'une époque où Infinity Ward et Treyarch avaient autre chose à vendre que de la nostalgie repackagée.
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Le plus révélateur, au fond, c'est que personne ne contestera cette liste, et ce n'est pas parce qu'elle est parfaite, mais bien que rien depuis ne mérite d'y figurer.







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