En 2019, Avengers: Endgame était une conclusion. Une apothéose, même: l'un des films les plus attendus de tous les temps. La conclusion de Tony Stark, de Steve Rogers, de Natasha Romanoff et de la première grande décennie du MCU.
Mais en 2026, alors que Marvel prépare Avengers: Doomsday et Secret Wars, le film des frères Russo pourrait bien prendre une toute nouvelle signification. Et si Endgame n’était pas seulement la fin de l’Infinity Saga, mais le véritable prologue caché de la catastrophe multiverselle à venir ?
Intrigant, non? À l'occasion de la création d'une série d'articles "RoadToDoomsday" visant à préparer et spéculer l'arrivée de Doom à l'écran, je commence ici par vous emmener dans cette folle enquête à travers le MCU qui démontre que, malgré la disparition tragique de Kang, les frères Russo ont su méticuleusement réarticuler la storyline pour préparer Avengers 5 avec Doom.
Endgame, une fin… mais aussi un point de rupture: Le casse temporel
Eh oui. Dans les salles obscures de l'époque, nous nous sommes retrouvés avec les Avengers ayant survécu au snap de Thanos après leur échec dans Infinity War. Le Titan fou avait bel et bien gagné. Une simple vengeance, c'est tout ce que nos héros pouvaient encore espérer.
Nous sommes en 2023 dans la timeline du MCU, sur la Terre-616, celles des Avengers que nous connaissons. Une Terre privée de la moitié de sa population, qui tente de se reconstruire malgré tout. Impossible de revenir en arrière. À moins que...
Le génie de Stark: le voyage temporel
Vous connaissez bien entendu l'histoire. Notre intellectuel playboy décide d'arrêter de jouer les pères de famille pour se remettre aux cours de physique, parvenant à mettre au point le voyage dans le temps (le ruban de Moebius inversé, tout ça tout ça...)
Mais peut-on vraiment parler de simple voyage temporel ? De retourner dans le passé pour simplement changer notre présent - qui devient alors notre futur ? C'est plus compliqué que ça. Puisque à changement de passé, il y a forcément des conséquences qui n'existaient pas dans le présent que l'on quitte, et plus encore...

En effet, Tony Stark parle plus d'un "Casse Temporel", et cette notion prend tout son sens: retourner dans le passé, altérer leur présent en y modifiant ce qui était prévu, pour sauver notre réalité, celle de la Terre-616. Et cela ne laissera pas indifférentes les timelines concernées...
Au moment où les Avengers se sont séparés aux quatre coins de l'univers dans le passé pour rassembler à nouveau les pierres d'infinité, ils les ont arrachés à leurs lignes temporelles respectives, créant un futur pour ces espace-temps qui n'était finalement pas prévu à l'origine. Et c'est ici que le casse temporel se justifie. Il amorce les débuts des dérives multiverselles que la TVA - et Kang, à l'origine - essaient à tout prix d'éviter. Ils ont ainsi créé de nouvelles ramifications dans l'Eternel Flux temporel.

Lorsque L'Ancien introduisait le contexte de futur alternatif
Une scène que certainement tout le monde a oublié, mais qui aujourd'hui est d'une importance capitale, puisqu'elle expliquait déjà les conséquences du voyage temporel dans les autres réalités.

Dans Endgame, l’Ancienne avertit Bruce Banner que retirer une Pierre d’Infinité de sa réalité ne modifie pas simplement le passé: cela crée une branche temporelle parallèle, privée d’un élément essentiel à son équilibre. Ce dialogue pose l’une des premières bases claires de la Saga du Multivers: sauver une timeline peut en fragiliser une autre.
L'une des plus grandes dérives multiverselles: Loki s'échappe avec le Tesseract
Tout le monde s'en souvient, et c'était également les prémices des dérives multiverselles. Dans Avengers: Endgame, une petite équipe retourne en 2012 pour récupérer le Tesseract. Le plan dérape: Loki met la main dessus et s’échappe. À ce moment-là, il ne suit plus la trajectoire prévue de la “Ligne Temporelle Sacrée”. Il devient donc une variante temporelle.

Cette fuite attire la TVA, qui le capture au début de la série Loki. À partir de là, ce Loki découvre que son destin “normal” aurait dû être très différent,celui que l'on connait et que l'on a suivi depuis la fin du premier Avengers: emprisonnement à Asgard, réconciliation progressive avec Thor, mort face à Thanos dans Infinity War. Mais lui échappe à ce parcours.
C’est là que tout change: ce Loki n’est plus seulement le Dieu de la Malice. Il est arraché à son histoire d’origine et devient progressivement quelqu’un qui comprend la structure même des timelines, des variants et du multivers.
Le Choix de Steeve Rogers de retourner dans le passé
Bien évidemment, on imaginait cela comme une fin heureuse pour lui à la fin d'Endgame, celui de retourner vivre un passé qui lui avait échappé avec Peggy Carter. Steeve avait décidé de quitter son présent pour retrouver son amour d'antan, et fonder la famille qu'il avait toujours voulu.

Mais d'un point de vue flux temporel, cette décision modifie complètement la timeline initiale: Captain America quitte la Terre-616, retourne dans un passé - donc un présent d'une autre temporalité - et crée un futur alternatif: un futur où il fonde une famille avec Peggy et où devient père d'un petit garçon. Des conséquences qui remanient le flux de 616, mais aussi celui d'une autre Terre que vous connaissez sûrement - mais on en parlera dans un prochain article, c'est promis !
Les conséquences d'Endgame: Loki et la fin du TVA
En s’échappant avec le Tesseract dans Endgame, Loki devient une anomalie. Cette fuite le conduit à la TVA, puis à la découverte du véritable fonctionnement du multivers. Sans cette erreur provoquée par le Casse Temporel des Avengers, Loki n’aurait jamais quitté son destin initial. Il n’aurait jamais rencontré la TVA, jamais affronté Celui Qui Reste (la version friendly de Kang Le Conquérant) avec Sylvie, qui finit par le tuer, créant des ramifications incontrôlables de l'Eternel Flux Temporel, désormais sans surveillance.

Et tout ceci condamna Loki à prendre en main le destin des branches temporelles mourantes, et devenir malgré lui le gardien des branches temporelles: le Dieu des Histoires, créant au passage des dizaines de futurs alternatifs à cause de son évasion - et donc dû au voyage temporel des Avengers dans Endgame.
En quoi Endgame prépare-t-il à l'arrivée de Docteur Doom ?
C'est ici tout l'importance de la rediffusion d'Avengers: Endgame au cinéma. Mais comme on l'a vu jusqu'ici, beaucoup de foreshadowing dans le 4e opus des Avengers, mettaient en place les prémices d'une catastrophe multiverselle. Et avec Kang qui était à l'origine prévu comme grand méchant de cette saga du Multivers, il a fallu un plot-twist monumental des frères Russo pour réaligner la stoyline déjà mise en place afin de pouvoir introduire Doom, un super-vilain qui n'avait jamais été teasé jusqu'à Fantastic Four: First steps.
Le projet initial: Kang Le conquérant et la guerre Multiverselle
Avant le virage vers Doctor Doom, la Saga du Multivers semblait suivre une trajectoire assez claire. Dans Loki, la mort de Celui Qui Reste, tué par Sylvie, faisait sauter le verrou qui empêchait les variants de Kang de revenir. Lui-même les avait prévenu: Celui Qui Reste avait mis fin à la guerre Multiverselle entre les variants de Kang, et lui seul parvenait encore les maintenir séparés grâce à son contrôle sur l'Eternel Flux Temporel.

Dans Quantumania, Marvel montrait ensuite que ces variants n’étaient pas seulement nombreux, mais organisés, réunis au sein d’un Conseil, le conseil des Kang que l'on voit en scène post-générique, et surtout inquiet de voir les Avengers interférer avec le multivers depuis les évènements d'Endgame.

The Kang Dynasty devait donc vraisemblablement raconter l’étape suivante: non plus l’arrivée d’un Kang, mais celle d’une dynastie entière prête à déclencher une guerre multiverselle.
Le virage DOOM: tout reconstruire à partir de l'Infinity Saga
Le plus difficile pour les frères Russo à l'heure actuelle, c'est d'introduire un super-vilain aussi important et complexe que Docteur Doom, dans un intervalle de temps aussi proche que celui de la sortie d'Avengers Doosmday.
Alors que Thanos était déjà teasé puis introduit des années avant la sortie d'Infinity War, Doom, lui, n'a eu qu'une apparition post-générique assez fébrile dans les 4 Fantastiques. Et avec une histoire aussi complexe que celle du Multivers, l'enjeu est de taille.
Et pour cela, les frère Russo n'ont d'autres choix que de sacrifier des storylines initiées au cours de la saga du Multivers pour se concentrer à introduire les évènements qui mèneront à Doomsday. Donc Quantumania, Eternels, les nombreuses séries introduisant de nouveaux personnages et intrigues comme She-Hulk, Secret Invasion... tout ça, ça dégage. Les Russo l'ont dit: "Doomsday has begun". Et comme pour amorcer les évènements de The Kang Dynasty, les nombreuses ramifications et univers alternatifs créés lors des évènements d'Avengers: Endgame sont le point de départ qui initie l'arrivée de Doom.
Mais... qu'a-t-il à voir là-dedans ?
La théorie selon les rumeurs et les comics: réparer le multivers à la méthode Doom
Docteur Doom est un méchant charismatique, mais pas le stéréotype du super-vilain malfaisant qui veut dominer le monde et imposer son autorité. Il est très intelligent, complexe, et lorsqu'il observe une catastrophe arriver, il estime que personne d’autre n’est capable de l’empêcher, et décide ainsi qu’il doit prendre le contrôle total pour sauver ce qui peut l’être.

Et c'est justement là que les évènements d'Endgame et ses conséquences entrent en jeu. Les Avengers ont fragilisé la temporalité en jouant avec le temps dans Endgame. Les ramifications et leurs conséquences, les variants et les incursions menacent désormais l’équilibre des réalités. Doom estime que les héros sont responsables du chaos et qu’ils sont incapables de le réparer. Il décide donc d’imposer sa propre solution: couper, fusionner ou réorganiser les timelines pour préserver une seule réalité viable. Prendre en main les choses à sa manière, quitte à faire disparaitre des temporalités complètes, pour préserver l'équilibre de l'Eternel Flux Temporel, et éviter que tout ne s'effondre.
Et cette théorie est plus solide qu'il n'y parait, puisqu'elle permettrait directement d'introduire le concept du Battleworld, indissociable dans les comics au titre Secret Wars. Dans les comics, Le Battleworld est un monde artificiel composé de morceaux de plusieurs réalités détruites ou en collision.

Dans la version moderne de Secret Wars de Jonathan Hickman, le multivers s’effondre à cause des incursions. Doctor Doom parvient à sauver des fragments de différentes Terres et les assemble en une seule planète: Battleworld.
Il y règne ensuite comme une sorte de dieu: God Emperor Doom.
Et bizarrement, cela fait sens, puisque trois mondes, trois Terres sont concernées par les incursions et la créations de ramifications par des futurs alternatifs: la Terre-616, celle des Avengers; la Terre où Steeve Rogers a atterri en retournant auprès de Peggy Carter, et une autre encore... que vous connaissez si vous êtes restés jusqu'à la fin de The Marvels (oui c'est dur, mais il le fallait).
Alors: faut-il aller voir Endgame lors de sa resortie le 23 septembre prochain ?
Les frères Russo ont affirmé que la rediffusion d'Avengers: Endgame au cinéma ne sera pas identique à l'œuvre originale diffusée en 2019. Le film contiendra de nouvelles scènes filmées lors du tournage d'Avengers Doomday, afin de venir préciser l'intérêt de l'arrivée de Doctor Doom. Des scènes seront modifiées pour y inclure de petites intrigues et indices autour du prochain grand méchant de la fin de la saga du multivers.
Et au-delà de l'aspect purement économique (genre peut-être, essayer de repasser à la première place des films avec le plus de recettes mondiales devant Avatar), les Russo et Kevin Feige ont annoncé qu'Avengers Endgame n'était pas forcément la fin d'une saga de 4 films "The Avengers", marquant l'aboutissement de la saga de l'infini. Il était peut-être le premier épisode d'une trilogie autour de la saga du multivers, et donc, le prologue de Doomsday.
Il n'appartient donc qu'à vous de décider d'aller le voir pour peut-être (et sûrement) y voir en enfin Doom avant les évènements de Doomsday...




