Encore un article sur Le Seigneur Des Anneaux!?
Et bien non! Aujourd'hui Sauron porte son regard sur une trilogie bien plus obscure, mais ô combien essentielle de la filmo du réalisateur Peter Jackson. Au menu: du gore outrancier, des aliens cannibales et des muppets libidineux, bon appétit.
On va parler d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Une époque révolue, souvent oubliée, terrain fertile pour une multitude de créateurs qui ont bousculés/renouvelés les codes de différents genres tous médias confondus.
Bien qu'il ne s'agissent pas d'une trilogie à proprement parler, cette suite de 3 films distincts fait bloc. De par son atmosphère commune et son approche "sexe et violence" totalement décomplexée et assumée.
Premier né de la trilogie : "Bad Taste" se pose encore aujourd'hui comme une référence du genre horrifique, avec son invasion d'aliens zombies cannibales.

Gerboulade d'aliens envahisseurs.
Venu récolter de la viande humaine pour leur fast-food spatial, un groupe d'aliens voit ses plans contrés par un petit groupe de "spécialistes". Des "Boys" bien décidés à botter le cul de ces affreux mangeurs d'hommes venus de l'espace.
Pour son premier long métrage, Jackson prends les aliens comme chair à canon et s'en donne à cœur joie. Une histoire vite griffonnée, des moyens faiblards, des lacunes oubliées grâce à une inventivité et une énergie qui compense l'absence de fond entre deux scène aussi gores qu'hilarantes.

On suit donc la petite équipe de soldats de fortune, partie affronter des aliens déguisés en humains et d'apparence monstrueuse sous leur camouflage peu crédible. Le film est monté avec une succession de petites saynètes, essentiellement conçues pour montrer de quoi était capable Jackson au départ.

Fusillades, tronçonneuse, dégustation de vomit d'alien et coup de boule à une mouette, difficile de définir vraiment Bad Taste par son côté foutraque et une atmosphère "film de potes". Pourtant, Jackson tient la cabane et se garde au passage deux des meilleurs rôles du film, Derek et Robert, respectivement un des soldats et un des aliens.

Le film reste dans l'à peu près et repose surtout sur la créativité du réalisateur. Faire de ce film qui pue, un bon moment truffé de bonnes idées lui vaut encore aujourd'hui le statut de film culte du cinéma gore. Certainement pas le plus aboutis en termes techniques et narratifs, il pose cependant des bases intéressantes pour la suite du parcours de son créateur.
Second rejeton des triplés sales et méchants de Peter Jackson, "Les Feebles" est une revisite trash et satirique des muppets de Jim Henson.

Bad "Tripes" de marionnettes.
Une diva hippopotame, transie d'amour pour un morse producteur de spectacle de cabaret et malfrat local à ses heures perdues. Un hérisson en quête d'un grand rôle qui tombe amoureux d'une caniche faisant partie des chœurs du spectacle. Un lapin en chaleur rattrapé par une vie de débauche et d'excès sexuels non protégés. Voici en surface ce qui compose le noyau dur du récit, qui suit la mise en place chaotique d'un spectacle de cabaret.

Sous des aspects de gentilles marionnettes mal fagotées, se cache une équipe de cinglés en mousse, tous plus frappés les uns que les autres. De la grenouille junkie qui a besoin de son fix pour monter sur scène et oublier le trauma de la guerre du Vietnam jusqu'au renard metteur en scène insistant pour intégrer sa chanson salace au spectacle, rien n'est épargné au spectateur pour salir la douce image des muppets d'Henson.

Porno sado-maso underground impliquant une vache et un cafard filmé par un rat, un journaliste colporteur de ragots personnifié par une mouche à merde festoyant sur les étrons de la folle équipe "d'artistes" et un éléphant dépressif poursuivi par une poule réclamant une reconnaissance de paternité, rien ne semble assez fou pour Jackson, qui prend un malin plaisir à faire subir les pires outrages à ces horribles pantins.
Le film est jalonné de moments sales, bêtes et méchants adoucit par la pointe d'humour macabre dont Jackson a le secret. De plus le film marque également par une bande-son assez mémorable pour un film de ce calibre. Nul doute qu'après visionnage vous vous surpreniez à chantonner "Garden Of Love" ou encore "Sodomy" (oui, c'est une vraie chanson du film.).

Avec à nouveau un final extrêmement violent, atténué par la présence des marionettes, le film n'en demeure pas moins fortement déconseillé aux plus jeunes. Il s'est d'ailleurs vu interdit de diffusion en Irlande, de par sa violence excessive et les sujets sensibles abordés.
N'hésitez pas à revenir nous dire en commentaire, quel est votre Feeble favori et surtout pourquoi ;)
Et le dernier né, et non des moindres, de ces bébés crasseux est: "Brain Dead" également connu sous le titre "Dead Alive" aux états-unis.

Salade de zombies, sauce Jackson.
Lionel, jeune homme introverti sous le joug de sa mère manipulatrice Vera, fait la rencontre de Paquita l'épicière locale. Petite idylle naissante, contrariée par un incident au zoo, qui contraint Lionel à prendre soin de sa mère tout en rejetant malgré lui la pauvre Paquita. Rien de bien méchant, excepté que "l'incident" implique la morsure d'un singe-rat de Sumatra subit par Vera, lors de sa filature des tourtereaux lors de leur visite du zoo. Malgré une introduction relativement violente, l'histoire se pose comme une gentille amourette gâchée par une matriarche envahissante.

A partir de l'excursion au zoo, Jackson lâche les chevaux et suit un parcours gore à outrance, saupoudré d'humour et gags plus sordides les uns que les autres. De l'oreille sanglante dans la crème anglaise, au bébé zombie en liberté, aux intestins zombifiés admirant son reflet, jusqu'au final en apothéose impliquant des zombies et une tondeuse à gazon. Les amateurs du genre seront comblés tant Jackson ne fait pas dans la demie mesure.

Ce carnage est servi par une petite galerie de personnages aussi mémorables que détestables. Allant du prêtre amateur de kung-fu à l'oncle libidineux aux penchants zoophiles, en passant par l'invité de soirée revendiquant des amitiés pédophiles. Tout ici fleure le mauvais gout et le malaise, sans pour autant sombrer dans le glauque. Une légèreté de ton et des gags parfois cartoonesques, donne au film sa dynamique si particulière.

Flop à sa sortie, censure, voire interdiction dans certains pays, le film a su se tailler un statut de film culte avec le temps et son exploitation vidéo. Effectivement, de part son grain de l'image et son aspect "sale" malgré un budget bien plus confortable, le film s'apprécie étrangement mieux en basse définition. De plus, le film a pendant longtemps détenu le record de quantité de sang factice utilisé sur l'ensemble du film, record battu en 2013 par "Evil Dead". Record ensuite battu par "Iron Lung" sorti récemment en 2026.
Déconseillé lors des repas, mais fortement recommandé lors d'un marathon gore.
Un survol succinct des trois premiers films de Peter Jackson, à des années lumières de ses productions suivantes, bien plus qualitatives visuellement. Pourtant, on ressent bien que le passage aux grosses mécaniques hollywoodiennes a quelque peu rogné la liberté de ton et l'irrévérence si caractéristiques de ses premières réalisations. On vous recommande donc de découvrir ou de redécouvrir ces trois pépites du cinéma gore, pour spectateurs avertis bien sûr. N'hésitez pas à venir donner votre retour, constructif, sur ces films en commentaire.







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