Campagne à l’échelle de systèmes entiers, planètes explorables, personnalisation poussée, Drop Pods, Dreadnoughts et Orks transformés en confettis: cette fois, on commence sérieusement à comprendre à quoi ressemblera le prochain Total War. Et on connaît désormais son année de sortie.
Soyons précis: ce n’est pas techniquement la première fois que Total War: Warhammer 40,000 montre du gameplay. Creative Assembly avait déjà diffusé une bataille complète en juillet, centrée notamment sur les combats à distance. Mais l’Alpha Strike Livestream: Gamescom Edition, diffusé le 26 août, est de loin la présentation la plus complète du jeu à ce jour, et surtout la première à réellement lever le voile sur sa campagne.
Et contrairement à ce que pouvait laisser craindre le passage de Total War dans le 41e millénaire, Creative Assembly n’a visiblement pas simplement collé des bolters et trois vaisseaux spatiaux sur la formule de Warhammer III.
Une campagne qui passe des planètes aux systèmes stellaires
Le changement le plus important concerne la structure même de la campagne.
Dans Total War: Warhammer 40,000, un système stellaire constitue une campagne à part entière. Les différentes planètes sont divisées en régions et peuvent présenter leurs propres ressources, infrastructures, populations ou points d’intérêt. Certaines cartes planétaires pourront même atteindre une taille comparable à celle de campagnes entières des anciens Total War.
Une fois une campagne terminée, le joueur revient à une échelle supérieure, celle du Crusade Theatre. Chaque théâtre devrait contenir autour d’une dizaine de campagnes, avec une progression persistante: unités vétéranes, personnages, technologies et améliorations peuvent être conservés d’un système au suivant. Le théâtre consacré à la guerre pour Armageddon doit logiquement culminer sur la planète elle-même. Creative Assembly évoque donc quelque chose de potentiellement encore plus massif qu’Immortal Empires, simplement découpé autrement.

La carte de campagne change également de fonctionnement. Plutôt que de déplacer librement son armée au centimètre près en regardant une faction ennemie fuir pendant douze tours — activité traditionnelle du joueur de Total War — les déplacements s’effectuent entre des districts. Plusieurs armées pourront en revanche opérer simultanément sur différentes planètes, avec possibilité de se renforcer depuis des zones voisines.
Gouverneurs, flottes et politique impériale
La campagne ne consistera pas uniquement à repeindre toutes les planètes à sa couleur.
Avec les Space Marines, Creative Assembly veut notamment pousser le joueur à agir comme une force d’intervention plutôt que comme un empire traditionnel. Les mondes impériaux possèdent leurs propres gouverneurs planétaires, avec des traits, des préférences et une opinion du joueur. De bonnes relations pourront débloquer du soutien ou certaines actions, tandis qu’un gouverneur mécontent pourra naturellement décider de devenir pénible. Parce que même au 41e millénaire, personne n’échappe à l’administration.
Les Space Marines pourront par exemple demander à des forces de défense planétaires ou à l’Astra Militarum de suivre leurs armées, céder les territoires conquis à des alliés impériaux ou appliquer différents édits. Leur campagne jouera également avec une opposition entre Renommée et Suspicion: sauver l’Imperium est bien vu, commencer à se constituer son petit empire personnel beaucoup moins. L’Hérésie d’Horus a laissé quelques problèmes de confiance, apparemment.

Les flottes auront elles aussi un vrai rôle stratégique. Elles permettront de voyager entre les planètes, pourront être améliorées et fourniront du soutien aux forces au sol, jusqu’aux bombardements orbitaux. Creative Assembly a même confirmé que l’Exterminatus existe dans le jeu, même s’il devrait rester une option extrêmement rare et coûteuse.
Drop Pods, couvertures et Space Marines qui refusent de mourir
Côté batailles, la build Gamescom confirme surtout à quel point Warhammer 40K oblige Total War à revoir ses habitudes.
Le tir occupe évidemment une place beaucoup plus importante, avec gestion des lignes de vue, couvertures, décors destructibles et positionnement des unités. Le nouveau moteur Warcore permet notamment de démolir certains éléments du champ de bataille, tandis que les Space Marines disposent de renforts capables d'arriver directement au milieu du carnage via Drop Pods. Les Terminators peuvent également être téléportés sur le terrain.

La démonstration montrait aussi des frappes lourdes comme les bombes à fragmentation, tandis que les unités disposent d'équipements et d'armes configurables. Le choix d'un loadout ne sera donc pas uniquement cosmétique: équiper une unité pour gérer de l'infanterie légère ou du blindé changera directement son rôle sur le terrain.
Les Space Marines sont d'ailleurs volontairement peu nombreux. Creative Assembly veut conserver l'idée d'une force d'élite capable d'affronter des armées largement supérieures en nombre. Ils ne fuient pas lorsqu'ils perdent leur moral, mais peuvent subir un état de battle shock diminuant leurs performances. Face aux Orks, la différence d'échelle saute déjà assez clairement aux yeux.
Et puisque 40K reste 40K, un héros Space Marine suffisamment massacré pourra avoir droit à une seconde carrière dans un Dreadnought. Creative Assembly a confirmé qu'un personnage mort pourra, dans certaines circonstances, être interné dans l'une de ces grosses boîtes de conserve armées jusqu'aux dents afin de continuer à servir l'Empereur. La retraite, visiblement, n'est toujours pas prévue par le Codex Astartes.

Créer son propre chapitre devient une vraie mécanique
La Gamescom a également permis de voir une première version du système de création de faction.
Dans la démo, il était déjà possible de créer son propre chapitre Space Marine, d'en modifier les couleurs, le nom et l'héraldique. Cette version reste volontairement limitée: Creative Assembly promet un éditeur nettement plus complet dans le jeu final, capable d'aller jusqu'aux couleurs des casques et des capes, aux motifs de boucliers et à différents éléments visuels.

Et cette personnalisation ne sera pas réservée aux Space Marines. Les quatre factions disponibles au lancement — Space Marines, Astra Militarum, Orks et Aeldari — pourront disposer de factions personnalisées. Chacune proposera également deux sous-factions issues du lore au lancement. Les Ultramarines sont déjà confirmés côté Space Marines, tandis que les Cadiens et les Bad Moons font partie des autres factions connues.
Creative Assembly veut également aller au-delà du simple pot de peinture numérique: les factions personnalisées pourront recevoir leurs propres traits et orientations de gameplay.
Total War: Warhammer 40,000 sortira en 2027
La Gamescom apporte enfin une information que tout le monde attendait : Total War: Warhammer 40,000 est désormais annoncé pour 2027.
Creative Assembly n'a encore communiqué aucune date de sortie précise, ni même de trimestre. La bêta fermée n'a pas non plus de date pour le moment, même si le studio indique que davantage d'informations arriveront prochainement.
Le jeu est prévu sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, une première pour un Total War principal sur consoles.
Autre changement de stratégie important révélé autour de la Gamescom : contrairement à la trilogie Total War: Warhammer, Warhammer 40,000 ne doit pas être décliné en épisodes numérotés. Creative Assembly prévoit un seul jeu, enrichi progressivement avec de nouveaux contenus, factions et secteurs de la galaxie. Le studio parle déjà d'une évolution pensée sur de nombreuses années.
Après cette Gamescom, le projet commence donc enfin à ressembler moins à un fantasme de fan de stratégie et davantage à un vrai Total War pensé pour Warhammer 40K. Il reste énormément de choses à montrer — notamment les Aeldari, le multijoueur ou toute l'étendue de la campagne — mais la formule semble désormais beaucoup plus claire.
Et si Creative Assembly réussit réellement à faire tenir campagnes planétaires, guerre galactique, personnalisation façon jeu de figurines et batailles géantes dans le même titre sans transformer nos processeurs en serviteurs du Mechanicus, 2027 pourrait devenir assez compliqué pour la concurrence. On a hâte de découvrir la suite !





