Tom Cruise et Paramount sont revenus du CinemaCon 2026 avec l'annonce officielle d'un troisième Top Gun en chantier, scénario en écriture, Jerry Bruckheimer à la production. Mais, pour exister à côté de Top Gun: Maverick, le prochain volet doit tutoyer le 1,5 milliard de dollars. C'est devenu le record absolu de la franchise, et c'est aussi son piège.
On rappelle l'écart, le Top Gun de Tony Scott, en 1986, a terminé sa carrière mondiale à 357,5 millions de dollars, une grosse réussite à l'époque, suffisante pour faire entrer Tom Cruise dans le club des têtes d'affiche bankable d'Hollywood pour les 4 décennies suivantes. Trente-six ans plus tard, Maverick a multiplié ce score par 4,2 et empoché 1,495 milliard de dollars dans le monde, devenant le plus gros succès commercial de toute la carrière de Tom Cruise.

Hollywood adore les chiffres ronds, mais ce milliard et demi vient avec un préambule à ne pas oublier. Maverick a profité d'un alignement quasi miraculeux, entre sortie post-Covid au moment où le public avait soif d'expérience cinéma, marketing martelé pendant deux ans sur les acrobaties réelles, nostalgie de la franchise capitalisée à plein. Le même cocktail ne se reproduira pas en 2027 ou 2028.
Les objectifs de Tom Gun 3
Pour s'en rapprocher, Top Gun 3 a deux atouts dans sa poche. Le premier, c'est la nouvelle génération de pilotes installée par Maverick : Glen Powell, Miles Teller, Lewis Pullman, Monica Barbaro, Danny Ramirez, Jay Ellis. Tous sont devenus des stars depuis 2022, Powell a explosé avec Twisters, Teller a confirmé son statut de tête d'affiche, Pullman porte désormais des séries Apple. Si Paramount les ramène tous, le casting fera vendre des billets sur deux ou trois continents en parallèle, sans dépendre uniquement des épaules de Tom Cruise.

Le second atout, c'est précisément l'acteur principal. À 63 ans, il a transformé chacune de ses sorties en événement, Mission: Impossible : The Final Reckoning a fait 591 millions, sa comédie Digger est attendue dans l'année. Tant que ça tient, on est bon. Mais on a déjà vu ce qu'il avait soulevé pour Maverick, avec une tournée mondiale agressive et des entretiens sur tous les plateaux. Refaire ça à 65 ou 66 ans, ce n'est pas dit.
Dernier point qui plombe l'équation : on n'a toujours pas de réalisateur. Joseph Kosinski, l'homme qui a géré la mise en scène de Maverick avec une précision chirurgicale, n'est pour l'instant pas confirmé sur le 3. Sa phrase ambiguë lors de la présentation CinemaCon a été lue par Hollywood comme un possible désengagement. Or sans lui, ou sans un metteur en scène d'aviation aussi obsessionnel, le film perd ce qui faisait justement sa valeur, le réel à 200 % à l'écran. Bruckheimer parlait en février d'un script presque terminé, on aimerait surtout savoir qui va le tourner.

1,5 milliard à battre, une équipe de pilotes redevenue chère, un réalisateur incertain, un Tom Cruise en fin de fenêtre acrobatique. Top Gun 3 part avec le record le plus difficile à dépasser de toute l'histoire récente d'Hollywood. À voir si ce nouveau vol décolle, ou s'il s'écrase sur la barre fixée par Maverick.







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