Blumhouse Productions, c’est une constante gageure dans le monde du cinéma d’horreur contemporain. C’est un studio rempli de défis, avec une façon d’aborder l’horreur dans un cadre simple : sans trop d’acteurs, sans trop d’effets et avec peu de personnel derrière la caméra.
Après le succès du premier opus "Black Phone", Blumhouse semblait vouloir faire de son Grabber version Ethan Hawke un nouveau Freddy, sorte de croquemitaine pas gentil. Mais qu'en est-il de la rentabilité de ce second volet ? À première vue, les résultats semblent confirmer le succès. Avec plus de 130 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 30 millions, le film semble cocher toutes les cases du « carton made in Blumhouse ».
Pourtant, 30 millions, c’est énorme pour le studio qui sort peu à peu de la production "fauchée". Pour savoir si Black Phone 2 a effectivement gagné de l’argent, il faut regarder ce que le studio touche réellement.
Box-office mondial vs Budget de production

À l’échelle mondiale, Black Phone 2 totalise environ 132,24 millions de dollars, répartis comme suit : 77.38 millions sur le marché nord-américain et 54.86 millions à l'international. Le budget de production est estimé à 30 millions de dollars. Si le ratio box-office/budget semble excellent, il ne représente pas le revenu réel du producteur.
On estime que Blumhouse n'a exposé que 10 à 15 millions de dollars en fonds propres sur ce projet. Le reste est "dilué" entre les avances d'Universal et les participations des producteurs-créateurs. En effet, le financement total est une association entre Blumhouse, Universal et Crooked Highway, la société de production du réalisateur Scott Derrickson. Enfin, le coût marketing du film s'élève, selon les estimations, entre 25 et 45 millions de dollars, portant la note à environ 60 millions.
Qui prend la part du gâteau ?

Une part importante des recettes est conservée par les exploitants de salles. En moyenne, les reversements au studio (Universal) sont les suivants :
Domestique : 50 à 55 % des recettes (~38,7 à 42,6 millions $)
International : 38 à 42 % des recettes (~20,8 à 23,0 millions $)
La recette nette issue des salles pour le distributeur est donc estimée entre 59,5 et 65,6 millions de dollars. Blumhouse ne récupère pas tout puisque c'est Universal qui engage le plus d'argent et qui paye les frais marketing pour assurer la pub du long-métrage. C'est le distributeur qui se rembourse sur ce qui reste après la part qui revient aux exploitants, le reste est réparti entre les gens qui avaient des clauses spéciales dans leurs contrats (Scott Derrickson et Ethan Hawke auraient eu droit à un intéressement sur recettes).
Le retour sur investissement global pour Jason Blum et sa firme est encore assez flou. On estime que les 10 à 15 millions investis ont été largement rentabilisés mais pas que. Jason Blum a un accord avec Universal. Si un film est jugé trop mauvais pour le cinéma, il est vendu directement aux plateformes (Peacock, Netflix). Le prix de vente couvre généralement le budget de 30 millions $. Le risque de perte sèche est donc quasiment nul. Les recettes ont fait grimper le retour sur investissement de Blumhouse de 10 à 12 millions de dollars. La firme repart avec - selon nos estimations - 25 millions dans ses poches. Un joli rendement d'environ 80%.
En résumé (parce que c'est technique et ça fait mal à la tête)

Même si le film a récolté 132 millions de dollars au cinéma, cet argent est "grignoté" avant d'arriver dans la poche de Jason Blum et son studio spécialiste des gros profits :
Les cinémas gardent la moitié (66 millions $).
Le marketing (pub) coûte cher (~30 millions $). Universal prend sa part du bifteck.
Les partenaires (Ethan Hawke, le réalisateur) prennent un pourcentage sur les bénéfices grâce à leurs clauses spéciales.
Il reste une vingtaine de millions que Blumhouse récupère pour se rembourser, et se faire un joli profit comme ils ont l'habitude de réaliser.
Pour résumer : Si vous voulez faire du profit dans le cinéma, exercez vous sur des petits budgets et demandez conseil à Jason. Pour ce qui est de The Black Phone 2, il arrive en DVD et VOD le 25 Février prochain.
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