Deux ans après les espoirs restés lettre morte de 2024, Apple a enfin montré son nouveau Siri lors du keynote d'ouverture de la WWDC, lundi 8 juin à Cupertino. Rebaptisé Siri AI, l'assistant comprend désormais le contexte personnel, enchaîne les commandes en plusieurs étapes, agit sur ce qui s'affiche à l'écran et s'offre même une application dédiée sur iPad et Mac, en plus d'une intégration à Spotlight et à la Dynamic Island. La voix devient au passage personnalisable, dans son expressivité comme dans son débit.
Un assistant Apple, un moteur Google

Comme nous l'écrivions avant le keynote, le moteur n'est pas maison. Siri AI repose sur les modèles Gemini de Google, à travers une architecture qu'Apple présente comme privée mais qui s'exécute bel et bien sur les serveurs de Google. Un choix vraiment surprenant de la part d'une entreprise qui a bâti son image sur le contrôle total de sa pile technologique, mais il se comprend au regard du marché, où Gemini s'est imposé en quelques mois face à ChatGPT et Claude. Plutôt que de courir derrière avec des modèles internes en retard, Apple loue le meilleur moteur disponible et garde la maîtrise de l'interface.
La compatibilité s'étend de l'iPhone 11 aux modèles récents, ainsi qu'à une sélection d'iPad et de Mac. Il faudra en revanche s'inscrire sur une liste d'attente pour y accéder, même dans les pays servis dès le lancement.
L'Europe regarde le train passer
Le point qui fâche pour nous : Siri AI ne sera pas disponible dans l'Union européenne au lancement, ni en Chine. Apple n'a pas détaillé ses raisons sur scène, mais le précédent d'Apple Intelligence, arrivé en Europe avec des mois de retard sur fond de frictions avec le DMA, laisse peu de place aux interrogations. Les utilisateurs français devront se contenter du reste d'iOS 27, qui n'est pas vide pour autant, entre le réglage de transparence de Liquid Glass, les contrôles parentaux renforcés, la Visual Intelligence étendue, les applications vidéo dans CarPlay et l'égaliseur personnalisable des AirPods. L'ensemble des systèmes, iOS 27, iPadOS 27, watchOS 27, tvOS 27, visionOS 27 et macOS rebaptisé Golden Gate, arrivera à l'automne.

Côté matériel, rien, aucun Mac ni accessoire, un keynote intégralement consacré au logiciel et à l'IA, alors même qu'Apple écoule discrètement ses stocks de Mac M4 depuis le printemps. Les machines M5 attendront leur propre événement.
Le keynote portait aussi une charge symbolique, puisque Tim Cook présentait là sa dernière conférence développeurs en tant que CEO, conclue par un message d'adieu. John Ternus, l'actuel patron du hardware, prendra les commandes le 1er septembre, Cook basculant vers un rôle de président exécutif. Quinze ans après avoir succédé à Steve Jobs, il referme la page sur un Siri enfin moderne, mais propulsé par Google. On vous laisse apprécier l'ironie, et on suivra de près le calendrier européen pour vous dire quand l'assistant arrivera réellement sur vos iPhone.




