Le gouvernement japonais a choisi Shigeru Miyamoto parmi les huit lauréats 2026 de l'Ordre de la Culture (bunka kunshō), la plus haute distinction culturelle du pays. Il devient le premier créateur de jeux vidéo choisi pour la recevoir. Le ministère de l'Éducation a publié la liste ce vendredi. Le vétéran de Nintendo, 73 ans, sera décoré par l'Empereur au Palais impérial le 3 novembre, Jour de la culture.
Il y côtoiera l'architecte Toyo Ito, lauréat du prix Pritzker, le compositeur Shunichi Tokura, une éclairagiste, un immunologiste ou encore un spécialiste de littérature française. L'an dernier, la liste comptait déjà une légende du sport, le joueur de baseball Sadaharu Oh.
Personne de mérite culturel depuis 2019

Les lauréats de l'Ordre de la Culture sont en principe choisis parmi les Personnes de mérite culturel. Shigeru Miyamoto avait été le premier créateur de jeux vidéo à obtenir ce titre, en 2019. Yuji Horii, le créateur de Dragon Quest, avait reçu en 2025 l'Ordre du Soleil levant lors des honneurs d'automne, qui distinguent près de quatre mille personnes à chaque session.
Le remake d'Ocarina of Time, jeu qu'il avait produit en 1998, sort sur Switch 2 le 5 novembre, deux jours après la cérémonie, alors que Zelda fête ses 40 ans.
« Terriblement gêné », Miyamoto partage la médaille

Shigeru Miyamoto s'est exprimé devant la presse la veille de l'annonce, au siège de Nintendo à Kyoto. « Je me sens terriblement gêné, mais être choisi pour une distinction aussi prestigieuse est un grand honneur », a-t-il déclaré selon Famitsu, avant d'ajouter : « Un jeu n'est pas l'œuvre d'un auteur qui travaille dans son coin. C'est le résultat d'un travail mené avec énormément de monde, donc je l'accepte en tant que leur représentant. »
Il a aussi raconté la naissance de Super Mario Bros., parti de l'envie d'un jeu « où l'écran défile sans cesse et où l'on peut courir éternellement ». Pour lui, la plus grande invention de Super Mario tient à la fin des châteaux, où il suffit de sauter par-dessus Bowser pour atteindre la hache qui fait tomber le pont.
Miyamoto travaille chez Nintendo depuis 1977 et s'en est amusé, rapporte 4Gamer : « Sans m'en rendre compte, je suis devenu grand-père, et ce sont des petits-enfants qui jouent aux jeux d'un grand-père. » Il veut « continuer à explorer tant que l'envie est là ». Il se dit aujourd'hui « absorbé par la fabrication de films », lui qui produit les adaptations de Mario au cinéma et qui ne comprenait pas, au printemps, les critiques visant Mario Galaxy.
Interrogé sur l'IA générative, il distingue la création de l'exécution. Il redoute que le plaisir d'exécuter finisse par faire croire qu'on a créé. L'IA, selon lui, obligera chacun à se demander ce que créer veut dire. « L'IA ira peut-être jusqu'à tout faire à notre place, mais il nous reste encore beaucoup de choses à faire », a-t-il ajouté. Aux jeunes développeurs, il demande d'arrêter de partir d'un jeu existant pour le modifier.



