Il y a quelques mois, l’évolution de l’intelligence artificielle était en train d’inquiéter tout Hollywood, avec deux exemples concrets : l’avènement — si on peut appeler ça comme ça — de Tilly Norwood, première actrice entièrement générée par IA à susciter l’intérêt d’agences et qui va d’ailleurs être dans un film, et le fameux combat entre Brad Pitt et Tom Cruise généré par Seedance 2.0, IA appartenant à l’entreprise chinoise ByteDance.
Les grosses inquiétudes des professionnels du cinéma en 2023, qui étaient en grève notamment pour protester face à la montée en puissance de ces outils, commençaient légitimement à refaire surface.
S’il faut choisir, le combat entre les deux légendes d’Hollywood évoqué plus haut est probablement le pire de tous : les visages des acteurs étaient rigoureusement bien modélisés, tout comme les coups portés. Cela signait une base solide pour l’évolution de Seedance et une inquiétude clairement montante à Hollywood. La vidéo avait d’ailleurs participé à une levée de boucliers contre Seedance 2.0 et ses possibilités de détournement de contenus protégés.
Certains cinéastes commencent même à réaliser des projets entièrement générés par IA. L’exemple le plus symptomatique : Darren Aronofsky, réalisateur de The Fountain, Mother! ou Requiem for a Dream, a lancé via son studio Primordial Soup la série historique On This Day... 1776, produite avec des outils de Google DeepMind.
Seedance 2.5 bloque désormais une grande partie des contenus protégés

Mais Deadline vient nous rassurer : ByteDance annonce que la version 2.5 de Seedance renforce désormais fortement ses mesures de protection contre les tentatives de détournement de propriétés intellectuelles. Un choix destiné à répondre directement aux polémiques entourant Seedance 2.0 et à limiter l’utilisation non autorisée de contenus protégés, à l’image de tous ces détournements autour d’Avengers : Doomsday qui pullulent sur les réseaux.
On devrait donc en voir moins et on espère que ce sera un bon levier pour poursuivre ces interdictions. La start-up technologique VN.ai, spécialisée dans les tests de résistance des outils d’IA générative face aux violations du droit d’auteur, a soumis Seedance 2.5 à une batterie de tests avant de communiquer ses conclusions à Deadline.
La conclusion de VN.ai est plutôt nette : Seedance 2.5 bloque environ 80 % des requêtes impliquant du contenu protégé par le droit d’auteur. Les tests utilisant directement une image de référence protégée auraient, eux, été bloqués dans 100 % des cas. Le modèle n’est néanmoins pas encore infaillible. VN.ai a indiqué avoir pu produire via Seedance 2.5 une vidéo assez réaliste d’Oscar, le personnage du film DreamWorks Gang de Requins, sans mentionner spécifiquement les ayants droit.
Un responsable de ByteDance a déclaré ceci :
« ByteDance lance des modèles dotés de mesures de transparence et de garde-fous en matière d'IA, conçus pour empêcher l'utilisation non autorisée de la propriété intellectuelle ; nous travaillons continuellement à renforcer ces dispositifs en collaboration avec les communautés créatives à mesure que les technologies d'IA évoluent. »
L’IA doit accompagner la création sans détourner ce qui existe déjà

C’est une base bienvenue pour évacuer une partie des tensions à Hollywood. L’IA, et surtout l’intelligence artificielle générative en vidéo, c’est dangereux. À titre personnel, je reste partisan de l’idée que ces outils doivent accompagner la création.
Ils peuvent servir à créer à partir d’une base humaine — écrire des personnages, les imager, leur donner vie en vidéo — pourquoi pas. Rassembler des équipes de tournage pour mettre en scène des personnages dans des blockbusters, ce n’est pas non plus à la portée de tout le monde.
Mais détourner des matériaux existants, c’est prendre le risque de ne plus nous permettre de faire la distinction entre réalité et faux. Et ça, il faut que ce soit régulé. Créer des acteurs "avatars" c'est une ligne rouge aussi, rien ne peut remplacer un humain. Mais ça c'est un lourd débat. On arrivera à trouver le juste milieu dans tout ce barnum. Soyons optimistes.




