Quatre ans après Athena, que Netflix avait diffusé dans le monde entier au sortir de la Mostra de Venise, Romain Gavras revient sur la plateforme avec un film tourné en anglais et un casting venu de Hollywood. Sacrifice est disponible sur Netflix depuis le 16 octobre, en France comme aux États-Unis, sans passer par les salles françaises.
Présenté au festival de Toronto en septembre 2025, le film a attendu le printemps suivant pour que Netflix en achète les droits américains, puis ceux de la France, alors que l'Italie le sortait en salles cet été. Il figurait déjà dans notre sélection streaming d'octobre. Comptez 1 h 43. Aux États-Unis, il est classé R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) pour son langage, ses allusions sexuelles et quelques violences sanglantes.
Anya Taylor-Joy en gourou, Chris Evans en star sur le retour

Chris Evans joue Mike Tyler, une vedette de films d'action sur le déclin, venue redorer son image au gala écologiste qu'un milliardaire (Vincent Cassel) et sa femme (Salma Hayek) donnent dans une carrière de marbre en Grèce. La soirée tourne court quand Joan, incarnée par Anya Taylor-Joy, prend les invités en otage avec sa secte. Ses fidèles sont persuadés que le monde s'éteindra dans trois jours si trois personnes ne sont pas offertes au volcan voisin. Selon le synopsis officiel, Mike y « décroche le rôle de sa vie ».
John Malkovich, Ambika Mod, Sam Richardson et le rappeur suédois Yung Lean complètent le casting, où Charli XCX fait une apparition. Le scénario est coécrit avec le dramaturge américain Will Arbery. Fils de Costa-Gavras, le réalisateur a signé des clips pour Justice et M.I.A. avant de passer au long métrage avec Notre jour viendra puis Le Monde est à toi, comédie de gangsters présentée à la Quinzaine des réalisateurs en 2018. Cassel, qui jouait dans les deux, le retrouve pour la troisième fois. Evans, producteur exécutif avec Taylor-Joy, redevient Steve Rogers deux mois plus tard dans Avengers : Doomsday. Gavras travaille déjà sur un film consacré au casse du Louvre.
38 % sur Rotten Tomatoes, 2,5 sur 5 chez Écran Large

Au 17 octobre, Rotten Tomatoes ne compte que 38 % de critiques positives sur 47, quand Metacritic lui accorde 47 sur 100 à partir de quatorze textes. Sur RogerEbert.com, Matt Zoller Seitz lui donne deux étoiles sur quatre et écrit qu'« on sent parfois l'art dans un film qui ne marche pas ». William Bibbiani, pour TheWrap, le juge « trop détaché pour avoir un propos, ou même pour embrasser son absence de propos ». Le New York Times se montre plus clément : Beatrice Loayza le trouve « étrangement regardable », grâce à l'avalanche de rebondissements et d'apparitions.
En France, Écran Large lui accorde 2,5 sur 5. Ange Beuque y voit « un cousin barré de Don't Look Up et The Wicker Man », un film « confus quand il faudrait être incisif, surprenant là où il pourrait être convenu ». Chez AlloCiné, Clément Schmidt reconnaît un film « parfois un peu hésitant », mais répond aux critiques américaines les plus moqueuses par un « Nous ne sommes pas d'accord » et salue une œuvre qui déborde de personnalité dans un catalogue trop lisse. Les spectateurs d'AlloCiné sont moins indulgents, avec une moyenne de 2,3 sur 5 pour les 36 premières notes du film.
Variety y voit une réaction de Gavras à la comédie ironique de Ruben Östlund (The Square, Sans filtre), mais estime que le film peine à en retrouver la tension et l'humour.





