Netflix avait de grands projets. Suite, spin-off, univers étendu — The Gray Man devait être la réponse du streamer aux franchises hollywoodiennes. Trois ans plus tard, Anthony Russo vient d'enterrer ces ambitions avec une élégance toute diplomatique.
Un franchise-building qui n'a jamais décollé
Interrogé lors de l'avant-première de The Bluff, Anthony Russo a confirmé ce que tout le monde soupçonnait : il n'y a « aucun momentum » autour d'une suite de The Gray Man. Le réalisateur tempère en assurant que « beaucoup de gens y pensent encore », mais dans le jargon hollywoodien, ça veut dire exactement ce que vous croyez. .e projet est bel et bien en soins palliatifs.
Pourtant, à l'été 2022, Netflix ne lésinait pas sur les promesses. Avant même la sortie du premier film, le studio annonçait un univers entier : une suite avec Ryan Gosling et Dhanush, un spin-off confié aux scénaristes de Deadpool (Paul Wernick et Rhett Reese), et même un potentiel film centré sur le personnage de Dhanush. Le tout adossé à un budget de 200 millions de dollars pour le seul premier opus, l'un des plus gros investissements de l'histoire de Netflix.
Le syndrome Netflix : dépenser gros, abandonner vite

Le plus frappant, c'est que The Gray Man n'est pas un cas isolé. La plateforme a accumulé les blockbusters censés devenir des franchises, avant de les laisser mourir dans l'indifférence. Red Notice avec Ryan Reynolds, Dwayne Johnson et Gal Gadot ? Suite annoncée, jamais concrétisée. Spenser Confidential avec Mark Wahlberg ? Même sort. Netflix dépense sans compter, promet des suites pour générer du buzz, puis passe à autre chose.
En mai 2024, les rapports indiquaient que Ryan Gosling n'avait même pas entamé de négociations pour reprendre son rôle de Court Gentry. Cela ne trompe pas. Quand votre acteur principal ne décroche pas le téléphone, la stratégie blockbuster de Netflix montre ses limites.
Les frères Russo en zone de turbulences
Pour les frères Russo, le tableau n'est guère plus reluisant. Portés par la gloire d'Avengers: Endgame et ses 2,8 milliards au box-office mondial, les deux réalisateurs enchaînent les déceptions depuis leur départ du MCU. Cherry n'a convaincu personne, et The Electric State a récolté un catastrophique 14 % sur Rotten Tomatoes. Leur retour chez Marvel avec Avengers: Doomsday reste leur meilleure carte pour retrouver de la crédibilité.

Quant à Ryan Gosling, actuellement tourné vers des projets plus ambitieux, il semble avoir définitivement tourné la page Court Gentry. L'acteur, qui n'a jamais caché préférer les projets d'auteur aux machines à franchise, ne pleurera pas cette occasion manquée.
200 millions de dollars pour un film sans lendemain. Dans le grand cimetière des franchises Netflix, The Gray Man vient de trouver sa place, quelque part entre les promesses non tenues et les ambitions démesurées d'une plateforme qui confond parfois budget colossal et vision à long terme.





