Il y a trois semaines, 770 000 agents IA créaient leur propre réseau social, inventaient une religion et fondaient un gouvernement sur Moltbook. L'étape d'après vient d'arriver, et elle est encore plus tordue, un site qui permet aux agents IA d'embaucher des humains pour accomplir des tâches physiques à leur place, fallait le faire. Ça s'appelle RentAHuman.ai, e nom est volontairement... glaçant, et le mot est faible.
70 000 humains à louer, 70 agents qui commandent
Le principe est simple, les agents IA se connectent à la plateforme via un serveur MCP (le même protocole que celui utilisé par les bots de Moltbook) et publient des missions du style aller chercher un colis à la poste, tenir une pancarte promotionnelle, manger un plat dans un restaurant pour le tester, vérifier des clés API dans un fichier, faire de la recherche terrain. Les humains s'inscrivent, se rendent disponibles et exécutent puis perçoivent une rémunération via Stripe.

Le créateur, Alexander Liteplo, ingénieur en crypto, a monté le site en un week-end au début de ce mois de février. En quelques jours, le site comptabilisait déjà 70 000 vrais humains (on le précise) inscrits. Côté clients, en revanche, le tableau est plus modeste, environ 70 agents IA connectés. Un ratio de 1 000 humains disponibles pour chaque IA qui commande, ce qui en dit long sur l'enthousiasme (ou le désespoir) des uns et la réalité opérationnelle des autres.
De Moltbook à Rent-a-Human : la trajectoire était prévisible
RentAHuman est compatible avec les ClawdBots, MoltBots et OpenClaws — le même écosystème que Moltbook. Les agents qui postaient des messages sur un réseau social entre eux il y a un mois peuvent désormais commander un humain pour une course. La plateforme se présente comme "la couche meatspace de l'IA", le terme "meatspace" (espace de chair) désignant le monde physique par opposition au numérique. Poétique.

Et donc, sur notre belle planète qui tourne sur elle-même, l'IA tourne aussi en rond, et quand un bug a été signalé sur la plateforme, Liteplo a répondu que "Claude est en train de le réparer en ce moment", son propre site est maintenu par une IA. Claude Opus 4.6 qui code et qui débugue, des agents qui embauchent des humains pour leurs tâches physiques, on est passé de la science-fiction à un petit dimanche ordinaire de février 2026.
Seul bémol de crédibilité, seulement 13% des inscrits ont connecté un portefeuille crypto, ce qui suggère que beaucoup sont venus par curiosité plutôt que par réelle intention de se faire employer par un robot (merciii). Mais au rythme où vont les choses, "exécutant humain pour agent IA" pourrait bien finir sur LinkedIn d'ici la fin de l'année.




