« Il ne cachait jamais ce qu'il ressentait, ce qui faisait de lui un homme sur qui l'on pouvait compter, que l'on admirait et que, pour ma part, j'aimais. » Ian McKellen a choisi ces mots pour saluer Patrick Stewart, mort à 86 ans chez lui à Los Angeles. Les deux hommes s'étaient rencontrés à la Royal Shakespeare Company il y a près de cinquante ans. Depuis l'annonce de sa famille, les hommages affluent des plateaux de Star Trek et des X-Men, des studios de jeu vidéo et des théâtres anglais.
Ian McKellen, Hugh Jackman et Kevin Feige pleurent leur professeur Xavier

Dans le texte qu'il a publié sur Instagram, Ian McKellen raconte avoir mis son ami en garde au moment où la télévision américaine lui proposait Star Trek, en lui demandant s'il voulait vraiment risquer de « se perdre à Hollywood pendant des années et des années ». Patrick Stewart y est allé quand même. Treize ans plus tard, Xavier et Magnéto se retrouvaient face à face dans X-Men, puis les deux amis ont partagé la scène à Broadway dans Beckett et Pinter. Sir Ian rappelle enfin que son ami apparaîtra une dernière fois au cinéma en Charles Xavier, dans Avengers: Doomsday, attendu en salles le 16 décembre. Patrick Stewart espérait d'ailleurs depuis longtemps retrouver Magnéto devant la caméra.
Hugh Jackman, son partenaire dans Logan en 2017, lui adresse un message bref. « Nous avons perdu aujourd'hui l'un des grands de la scène et de l'écran. Et, à mes yeux, un ami et un homme formidable. J'ai tant appris de lui. Tu me manqueras, Patrick Stewart, tous les jours de ma vie. »
Kevin Feige a confié à Variety le souvenir de leur première rencontre, sur le tournage du premier X-Men. « Après des années à le connaître comme l'inimitable capitaine Picard, j'étais ébloui », se rappelle le patron de Marvel Studios, qui décrit un homme « brillant, charmant, chaleureux, généreux, doté d'une force tranquille et d'une vraie gravité », plus remarquable encore « loin des caméras, avec un humour merveilleusement acéré ». Les frères Russo, qui l'ont dirigé dans Doomsday, évoquent « un acteur légendaire », l'un des héros de leur enfance. Dafne Keen, sa jeune Laura dans Logan, résume en une phrase : « Il maîtrisait son art comme il maîtrisait la vie. »
William Shatner, George Takei et l'équipage de l'Enterprise saluent leur capitaine

William Shatner et lui s'étaient passé le relais de l'Enterprise à l'écran dans Star Trek : Générations, en 1994. Il salue aujourd'hui « un ami, un collègue et un acteur magnifique », avant d'ajouter que « le capitaine Picard incarnait ce que nous avons de meilleur, tout comme l'homme qui l'a joué ». George Takei, le Sulu de la série originale, rappelle que Patrick Stewart a « emmené l'Enterprise là où il n'était jamais allé » et conclut : « Nos cœurs sont lourds. Repose dans les cieux, capitaine. »
Jonathan Frakes, son second Riker pendant sept saisons, a écrit « Repose en paix, mon ami ». Wil Wheaton a ressorti une vieille photo d'eux deux, accompagnée d'un « Bon vent, capitaine ». Isa Briones, révélée par Star Trek: Picard, se souvient qu'il a été l'un des premiers du métier à lui faire confiance. Terry Matalas, qui avait réuni l'équipage de The Next Generation dans la troisième saison de Picard, a choisi le vers de Walt Whitman que Robin Williams avait rendu célèbre : « Ô capitaine, mon capitaine. »
Les sept saisons de The Next Generation et les trois de Picard se revoient sur Paramount+ en France, comme les quatre films de l'équipage.
Bethesda se souvient de l'empereur d'Oblivion
Patrick Stewart prêtait sa voix à l'empereur Uriel Septim VII dans The Elder Scrolls IV: Oblivion, sorti en 2006. Son personnage ne vit que quelques minutes, le temps de confier l'Amulette des rois au joueur avant d'être assassiné dans les égouts de la Cité impériale. Bethesda Game Studios lui a rendu hommage avec une image de l'empereur tenant l'amulette : « Repose en paix, Sir Patrick Stewart, un empereur, un capitaine et une inspiration pour nous tous. Nos pensées vont à ses proches. » Ses enregistrements d'origine avaient été conservés dans Oblivion Remastered l'an dernier.
La Royal Shakespeare Company perd un de ses piliers
Daniel Evans et Tamara Harvey, qui dirigent la Royal Shakespeare Company, rendent hommage à « un colosse de la scène comme de l'écran » et « l'un des plus grands interprètes classiques de Shakespeare de sa génération ». Entré dans la troupe en 1966, Patrick Stewart y a joué dans plus de trente productions, incarnant notamment Shylock et Prospero. Le metteur en scène Rupert Goold l'avait dirigé dans La Tempête, avec des répétitions jusque dans la chambre froide d'un supermarché : « Je me souviendrai toujours de son "nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves", murmuré entre les cartons de petits pois surgelés. » Patrick Stewart avait gardé des liens avec Stratford-upon-Avon et la troupe tout au long de sa carrière.
En juillet, pour les 60 ans de Star Trek, il reconnaissait auprès de TV Insider que les rôles se font « de plus en plus rares quand on vieillit ». Il ajoutait aussitôt : « Je ne peux pas m'imaginer prendre un jour officiellement ma retraite. Je resterai acteur, toujours et pour toujours. »
Photos : Maximilian Bühn, licence CC BY-SA 4.0 ; Pat Loika, licence CC BY 2.0 ; Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons.



