Sorti le 13 mai dans les salles françaises, Obsession est en train de réussir ce que le cinéma d'horreur n'avait plus connu depuis Le Projet Blair Witch. Tourné pour 750 000 dollars par un YouTubeur de 26 ans dont absolument personne ne voulait à Hollywood, le film de Curry Barker dépasse désormais les 229 millions de dollars de recettes mondiales, vient de redevenir numéro 1 du box-office américain un mois après sa sortie et file droit vers le million d'entrées chez nous.
Voici ce qu'il faut savoir sur le film, son réalisateur, sa fin qui hante tout le monde et son arrivée en streaming.
De quoi parle Obsession ?

Bear (Michael Johnston) est un jeune homme timide et transparent, incapable d'avouer ses sentiments à Nikki (Inde Navarette), son amie et collègue de travail. Plutôt que de se déclarer, il met la main sur un artefact qui exauce un vœu lorsqu'on le brise, et souhaite que Nikki l'aime plus que tout au monde. Le vœu fonctionne, et le cauchemar commence à ce moment, puisque cet amour fabriqué de toutes pièces se mue en obsession incontrôlable, de plus en plus violente, dont Nikki est la première victime.
Sur ce pitch de série B, Curry Barker construit un film d'horreur social d'une efficacité rare, interdit aux moins de 16 ans en France, où le malaise monte crescendo jusqu'à des scènes proprement insoutenables. On vous le disait dès sa sortie dans notre critique d'Obsession, le film dépoussière des codes du genre que l'on croyait usés jusqu'à la corde, jumpscares compris. Inde Navarette y livre au passage une performance d'aliénation qui devrait lancer sa carrière, quelque part entre Smile et une possession à l'ancienne.
Qui est Curry Barker, le YouTubeur qui fait paniquer Hollywood ?
Avant Obsession, Curry Barker tournait des courts et moyens-métrages d'horreur pour YouTube avec trois bouts de ficelle. Son found footage Milk & Serial (2024), publié gratuitement sur la plateforme, était devenu culte dans la communauté horreur et avait mis quelques producteurs en alerte. Pas de quoi déclencher une ruée pour autant, puisque Obsession, tourné en indépendant pour 750 000 dollars, n'a d'abord trouvé aucun acheteur. Il a fallu que Focus Features et Blumhouse se penchent sur le dossier pour que le film décroche une sortie en salles.

Avec plus de 229 millions de dollars au compteur, Obsession est devenu le plus gros succès de toute l'histoire de Focus Features, devant des films autrement plus installés. Pour un long-métrage qui a coûté moins d'un million, le ratio de rentabilité se rapproche des records historiques du found footage, un territoire où plus personne ne s'aventurait depuis Paranormal Activity. Nous avions d'ailleurs comparé les chiffres dans notre article sur les records de rentabilité de Blair Witch que le film est en train de menacer.
Un box-office qui refuse de redescendre
Le plus fascinant dans la trajectoire d'Obsession, c'est sa courbe. Un film d'horreur classique s'effondre de 50 à 60 % chaque week-end après sa sortie. Obsession fait l'inverse et remonte. Début juin, soit plus d'un mois après son lancement américain, le film a repris la première place du box-office US avec 4,2 millions de dollars sur un simple lundi, un comportement de fréquentation que les analystes ne savent tout simplement plus modéliser. Le bouche-à-oreille, TikTok et les réactions filmées en salle entretiennent la machine semaine après semaine.

La France suit exactement le même chemin. Pour sa quatrième semaine d'exploitation, le film a gagné 40 % de fréquentation, du jamais-vu à ce stade, et cumule 768 000 entrées. Le million est désormais une question de jours, comme on le détaillait dans notre dernier bilan du box-office France. À l'échelle mondiale, le film affiche environ 152 millions de dollars sur le seul territoire nord-américain, le reste provenant d'un international qui s'embrase à retardement.
La fin d'Obsession expliquée (attention spoilers)
Ce paragraphe révèle la fin du film, passez à la section suivante si vous ne l'avez pas vu.

Le dernier acte voit la malédiction échapper à tout contrôle. Nikki, prisonnière de son propre corps, tue Sarah puis Ian, Bear comprend que le seul moyen de lever le vœu est de disparaître.
Le film se referme sur un écran de télévision vintage et les pleurs hors-champ de Nikki, qui se réveille au milieu des cadavres. Curry Barker a depuis révélé une fin alternative façon Roméo et Juliette, que nous décortiquons dans notre article sur la fin alternative d'Obsession. Il a aussi confirmé ce qu'il advient de Nikki après le générique, via un easter egg glissé dans son prochain film, le sort qu'il lui réserve est cruel. On vous raconte tout dans notre article dédié au destin de Nikki.
Quand Obsession sortira-t-il en streaming ?
Voilà la question que tout le monde se pose, la réponse a changé fin mai. Focus Features avait initialement prévu une sortie digitale rapide aux États-Unis, avant de l'annuler purement et simplement le 31 mai, le studio refusant de couper l'herbe sous le pied d'un film qui continue de grimper en salles. Outre-Atlantique, la location et l'achat numérique ne sont plus attendus avant fin juin ou juillet.

En France, la chronologie des médias impose de toute façon son tempo. Comptez environ quatre mois après la sortie salles pour l'achat et la location en VOD, soit septembre 2026 au plus tôt, puis la première fenêtre de tv payante type Canal+ vers la fin d'année. Pour un géant du streaming par abonnement comme Netflix, le délai légal est de quinze mois minimum, ce qui nous emmène à l'été 2027.
Autrement dit, si vous voulez voir Obsession sans attendre un an, la salle de cinéma reste la seule option.
Une suite Obsession 2 est-elle prévue ?
Non, et Curry Barker ne s'en cache pas du tout. L'histoire de Bear et Nikki est terminée, le cinéaste préfère capitaliser sur son statut tout neuf pour enchaîner les projets. Son prochain film, Anything but Ghosts, suivra des chasseurs de fantômes qui tombent sur de vrais esprits, avec Bryce Dallas Howard et Aaron Paul au casting.
Un remake de Massacre à la tronçonneuse pour A24 figure également sur sa feuille de route. L'industrie souhaite donc capitaliser sur ce nouveau talent.

Obsession a surtout ouvert une brèche dans laquelle Hollywood s'engouffre déjà. A24 a confié son film Backrooms à Kane Parsons, un autre créateur YouTube, le résultat pulvérise lui aussi les records du studio, au point que Parsons étudie maintenant un film Portal. Deux YouTubeurs trustent le box-office horreur de 2026, je ne crois pas une seconde à une coïncidence. Les studios ont compris que ces créateurs arrivent avec une communauté, un langage visuel déjà rodé et des budgets qui rendent le risque dérisoire.
Le phénomène Obsession n'a donc probablement pas fini d'écrire son histoire, entre un box-office qui défie la gravité et un réalisateur devenu en six mois l'homme le plus courtisé du cinéma d'horreur. Vous l'avez vu en salle ? Racontez-nous si le choc était à la hauteur, ou si tout ce raffut vous dépasse.
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