2026, c'était l'année où le cinéma d'horreur avait le vent en poupe. La très grande réussite d'Obsession et ses 522 millions de dollars de recettes mondiales, ainsi que le succès galvanisant de Backrooms (400 millions), ont permis de montrer qu'il était hautement possible de faire de l'horreur intelligente et novatrice, loin des canevas de Blumhouse d'il y a quelques années.
Puis il y a eu la success-story de Resident Evil, made in Zach Cregger (323 millions de dollars de recettes). Et forcément, qui dit fêtes d'Halloween dit approche de films d'horreur. C'est alors qu'est sorti du chapeau ce Other Mommy (Malfaisante en VF).
Jessica Chastain joue un double rôle : Ursula, la mère d'une petite fille appelée Bela, et « l'Autre Maman », une entité démoniaque qui pourrit la vie de cette famille.
On fait, en gros, le gloubi-boulga de plein de trucs déjà connus. C'est aussi l'adaptation du livre Incidents Around the House de Josh Malerman. On a dans ce Other Mommy des références à Paranormal Activity, Smile, Evil Dead Rise (la baignoire) ou encore Insidious dans l'ADN de réalisation de Rob Savage.
Malfaisante : des jumpscares et des effets spéciaux grotesques

Et surprise : on a, avec ce Malfaisante, ce qui se fait de pire dans le cinéma d'horreur contemporain. Rob Savage a vendu son film autour d'une avalanche de cinquante jumpscares. Il n'y en a pas cinquante, mais une dizaine, comme tout bon Blumhouse qui se respecte.
Le film ne fait jamais peur, il est même grotesque, incohérent et souvent drôle parce que gênant. Mis à part l'introduction assez convenable, où le récit propose une immersion immédiate et anxiogène, on expédie tout outre-tombe par des effets spéciaux clairement horribles. Cette introduction avait pourtant une vraie idée de mise en scène : faire surgir l'Autre Maman du placard de Bela, sans prendre le temps de présenter longuement la famille. Le hors-champ devient alors une menace immédiate, tandis que le quotidien bascule dans l'horreur dès les premières minutes. Dans les autres productions Blumhouse, on te sert la même soupe : quasiment 20 à 30 minutes d'introduction des personnages au vitriol, dans des rôles souvent vus cinquante fois.
Puis, ça se gâte très vite. L'Autre Maman a une partie de son visage qui part en vrille, et ça sonne pâte à modeler et image de synthèse qui bugue, malgré les quelque 19 millions de dollars de budget du film.
Surtout, le film ne brille pas par son originalité visuelle. Mis à part quelques jolis effets d'utilisation des décors (où Bela est aspirée dans des cadres différents, plafonds, sols, comme pour montrer qu'elle vogue entre les dimensions), c'est assez vide et convenu.
Mention spéciale à cette scène rouge cramoisi où Bela fuit l'Autre Maman dans un parc de jeux qu'on trouve dans les McDonald's. Comme il n'y a aucune originalité, on te met à tous les embranchements des apparitions censées être flippantes. Pourtant, Rob Savage a un peu été fainéant : les espaces labyrinthiques, si c'est habilement traité, tu peux renforcer l'oppression. Kane Parsons pour Backrooms, cent fois moins expérimenté que son homologue ici, l'a bien saisi. Rob Savage veut faire trop de sursauts... Et donc la moitié ne fonctionne pas.
Other Mommy : une histoire débile et sans aucune audace

Mis à part la flagornerie latente du visuel qui ne fait jamais peur, l'histoire est débile. Tout repose sur des non-dits familiaux, et à la fin, tout va bien. Bela ne veut pas se laisser dompter par l'entité. Mieux encore : de la même façon que Paranormal Activity: The Ghost Dimension, on convoque un grand groupe spécialisé dans le spiritisme pour vaincre l'Autre Maman.
On n'en peut plus du cinéma d'horreur qui ne repose que sur ce concept éculé : l'entité fait peur, l'entité attaque, on combat l'entité, climax, résolution. Stop. Les dialogues sont sirupeux, on rit trop du film et l'audace est inexistante. Passez votre chemin. Regardez de nouveau Obsession ou Backrooms ou allez soutenir Resident Evil. Car ce Other Mommy est typiquement le genre de film où on vous prend pour des andouilles.


