Macronix, le fondeur taïwanais qui fabrique depuis l'époque de la DS une bonne partie de la mémoire des cartouches Nintendo, se retire de la ROM. Lors de la présentation de ses résultats du troisième trimestre, son président Wu Min-chiu a expliqué que cette gamme arrivait « progressivement en fin de course ». Aucun nouveau produit ROM n'est prévu (la dernière génération date de sept ou huit ans) et l'activité ne sera plus présentée à part dès la prochaine conférence trimestrielle.
La ROM ne représente plus que 5 % des ventes de Macronix, contre 26 % un an plus tôt, alors que la NAND (eMMC comprise) et la NOR font désormais l'essentiel de son chiffre d'affaires. Portée par la flambée des prix de la mémoire, l'entreprise vient de signer le meilleur trimestre de son histoire avec une marge brute de 70,5 %. Une partie de ses lignes ROM a déjà basculé vers la NAND. Les nouveaux investissements iront à l'eMMC, alors que la NOR se concentre sur les centres de données, l'automobile, l'industrie, le médical et les communications spatiales.
Un fournisseur historique de Nintendo, un rôle flou sur la Switch 2

Nintendo ne nomme pas ses fournisseurs, mais Macronix a déjà cité son client. Dans son rapport annuel 2006 déposé auprès du gendarme boursier américain, le fondeur présentait Nintendo comme son plus gros client, à l'origine de 76,9 % de ses ventes de ROM cette année-là. La collaboration s'est poursuivie avec la Switch, dont les cartes de jeu utilisent ces ROM, rappelle le Taipei Times. Sur la Switch 2, en revanche, la part de Macronix reste floue.
L'analyste David Gibson (MST Financial), qui a relayé l'annonce, rappelle que Macronix n'est pas le seul fabricant de cartes de jeu de Nintendo et que les cartouches physiques « continueront probablement un certain temps ». Le fondeur ne fixe aucune date de fin des livraisons. Nintendo n'a pas réagi.
Game-Key Cards et jeux en boîte plus chers, le vrai risque

Le risque porte donc moins sur l'approvisionnement que sur le prix d'un composant que les éditeurs jugent déjà cher, au moment où la demande des centres de données fait grimper celui de toute la mémoire. Les observateurs qui ont repris l'information y voient un argument de plus en faveur des Game-Key Cards, ces cartes qui ne contiennent qu'une clé et obligent à télécharger le jeu. Minecraft sur Switch 2 est déjà vendu en boutique sous ce format.
Certains jeux coûtent déjà plus cher en boîte qu'en téléchargement. Le remake d'Ocarina of Time, qui sort le 5 novembre, est affiché à 59,99 euros sur l'eShop contre 69,99 euros en boîte sur le Nintendo Store, un écart fixé bien avant l'annonce de Macronix et que Nintendo ne relie pas au coût des cartes. Pour la hausse de prix de la Switch 2, passée à 499,99 euros en septembre, le constructeur invoquait les « conditions de marché ».



