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Les Bad Guys 2 : Critique d'un Dreamworks peu inspiré

Les Bad Guys 2 sort dans un été particulièrement calme du point de vue des blockbusters, où, en tout cas, les succès ne se portent pas mutuellement.

MathieuRédacteur cinéma
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12 août 2025
  • 3 min de lecture
  • Les Bad Guys 2 sort dans un été particulièrement calme du point de vue des blockbusters, où, en tout cas, les succès ne se portent pas mutuellement. Suite du petit succès du premier opus sorti en 2023 — qui avait engrangé 250 millions de dollars de recettes pour un budget modeste de 80 millions — cette franchise d’animation illustre bien le virage opéré par DreamWorks Animation : en finir avec les budgets stratosphériques et revenir à des productions plus abordables, tout en adoptant une esthétique en vogue depuis le succès du Chat Potté 2 (avec ses décors rappelant des peintures en arrière-plan) et, surtout, depuis la réussite critique du magnifique Robot Sauvage, nommé aux Oscars l’année dernière.

    N’ayant pas vu le premier opus, on constate qu’il n’est pas nécessaire pour comprendre l’ADN de cette nouvelle proposition. Les personnages restent volontairement très simples, tout comme l’intrigue, qui joue sur l’autodérision grâce à des éléments tels que les Macguffinites — clin d’œil direct aux MacGuffins, ces objets prétextes servant à faire avancer une intrigue. Les scénaristes semblent prendre un malin plaisir à se moquer des clichés du cinéma pour enfants… mais finissent par tomber eux-mêmes dedans à plusieurs reprises.

    En réalité, Les Bad Guys 2 pourrait presque se décliner en format télévisuel plus court. Survolté, doté d’une énergie débordante et d’une agitation incessante, le film donne parfois l’impression d’être « dopé aux amphétamines ». Ce trop-plein devient rapidement un défaut : c’est bruyant, excessif et saturé, avec une bande originale d’action peu inspirée. Certes, il faut maintenir l’attention du jeune public, mais Le Robot Sauvage avait prouvé qu’on pouvait captiver avec du contemplatif, de la beauté visuelle et même un peu de silence. On n’est pas ici dans la même approche, mais DreamWorks gagnerait à s’éloigner des archétypes de l’animation grand public et à injecter davantage d’audace dans ses projets, plutôt que de se contenter de personnages peu novateurs.

    Les messages du film, eux, manquent de profondeur et d’un traitement pleinement abouti. Que penser, par exemple, de cette idée de « vivre ses rêves » et de sortir du conventionnel… même si cela passe par quelques délits ? Ou encore de ce bref moment de doute du personnage principal, qui s’interroge sur sa nature profonde ? Ces thèmes sont à peine effleurés, ce qui laisse un arrière-goût de sous-exploitation. Les Bad Guys 2 s’en sort tout juste avec l’honneur de proposer un divertissement familial correct, là où certaines productions semblent avoir dix ans de retard sur le plan visuel (coucou The Falcon Express). Mais pour espérer rivaliser sérieusement avec l’ogre Disney, il faudra rapidement passer à un niveau d’ambition artistique supérieur.

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