De Martin Scorsese aux flops de Marvel et DC : un genre en crise ?

La question du manque d’intérêt pour les films de super-héros est une question assez existentielle dans le monde du cinéma. Martin Scorsese, il y a quelques années, avait jeté un pavé dans la mare en critiquant frontalement les films Marvel qu’il avait qualifiés « d’attractions ne relevant pas du cinéma ». Derrière, l’après Avengers : Endgame avait créé une lassitude dans le monde des super-héros, tant les phases 4 et 5 ont eu leur lot de désillusions au box-office et d’un point de vue critique — Ant-Man et la Guêpe : Quantumania et The Marvels en tête de liste.
Du côté de chez DC, on va éviter de parler du polyptyque terrible qui avait signé la fin de l’ère Walter Hamada avec Shazam : La Rage des Dieux, The Flash, Blue Beetle et Aquaman 2, qui sont quatre jolis ratés au box-office. La résultante : l’arrivée de James Gunn et Peter Safran à la tête du studio, qui a redémarré tout le schmilblick avec le plutôt bien accueilli Superman en 2025. Sa cousine Supergirl arrive début juillet avec un long-métrage signé Craig Gillespie, qui se montre plutôt généreux dans ses premières images.
La qualité plutôt que la quantité : le diagnostic de Peter Safran

Dans tous les cas, après quelques longues années de disette, les super-héros peuvent casser la baraque en 2026 puisque arriveront successivement Supergirl, Spider-Man : Brand New Day et enfin le mastodonte Avengers : Doomsday, bien calibré pour aller cogner les 2 milliards de dollars au box-office de ses aînés. Peter Safran a donc donné son avis sur la lassitude entourant le genre. Pour lui, la baisse de fréquentation n’est pas due au genre lui-même, mais bien à la qualité des longs-métrages concernés (et on ne peut pas totalement lui donner tort). Voici ce qu’il a confié au média Associated Press :
« Je n'ai jamais ressenti de lassitude envers les films de super-héros. Je pensais plutôt à une lassitude envers les films médiocres. Il faut tenter quelque chose de nouveau. Il faut bousculer un peu les codes. L'histoire fondamentale sur laquelle repose Supergirl est captivante et originale, et nous n'avons encore rien vu de pareil. »
L'échec du Sony Universe face aux contre-exemples de qualité

Évidemment, il lui fallait raccrocher un peu le wagon en faisant de la publicité pour son film, mais on peut difficilement le contredire. Il n’y a qu’à regarder l’échec des films du Sony Universe. Le studio a voulu traiter les méta-humains de l’univers de Spider-Man sous un angle inédit, mais au final, on a obtenu des trucs abscons d’une autre décennie, à peine meilleurs que les errements artistiques des Catwoman, Elektra ou Daredevil de 2003-2004.
Certains studios ne réalisent pas qu’en combinant des créateurs talentueux et des personnages qui ont un ADN particulier (Spawn, Mysterio, le Joker…), on peut faire des films différents qui cartonnent. Le Joker de Todd Phillips en est un bon exemple. Peter Safran et Warner espèrent évidemment un gros magot avec Supergirl pour relancer l’attrait pour le début de leur univers. On aura la réponse le 1er juillet 2026.
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