Du côté des remakes qu’il ne fallait absolument pas faire, Hellboy était forcément en haut de la liste. Après deux opus très réussis et appréciés des fans de pop culture avec Guillermo del Toro derrière la caméra et Ron Perlman en interprète du géant des enfers, Neil Marshall (The Descent, Centurion) s’est chargé d’en faire un remake en 2019… avec David Harbour dans le rôle-titre. La fausse bonne idée aura été un véritable cataclysme cinématographique et un coup de corne dans le vide spatial.
Produit par Lionsgate pour 50 millions de dollars hors frais marketing, Hellboy en a rapporté à peine 55 millions. Les pertes sont estimées à environ 50 millions de dollars pour le studio. Coup dur quand la rentabilité n’apparaissait initialement pas hyper dure à chercher. En effet, Marshall voulait initialement un petit film horrifique d'auteur et pas une grosse production.
Une liberté artistique cadenassée par Lionsgate

Ce gros salmigondis d’effets spéciaux indigestes et de colorimétrie fade et poisseuse n’est, à en croire le réalisateur, pas le fruit de son travail. Lors du Festival du film fantastique de Gérardmer de cette année, Écran Large a rencontré Neil Marshall. Pour lui, le fiasco du film vient déjà de Lionsgate, qui a cadenassé toute liberté artistique pour qu’un vrai film de studio abscons et sans âme soit livré :
J'ai été engagé pour faire un certain travail, qui consistait à livrer une version horrifique de Hellboy, et après que j’ai accepté, on ne m’a finalement pas laissé faire ce travail. Je n’avais pas le droit de toucher au scénario et j’avais l’impression de devoir faire un film pieds et poings liés.
Il a également certifié que deux producteurs, l’un ayant les droits de la franchise et l’autre le budget, n’ont été d'accord sur presque rien, et que lui se trouvait au milieu de cette guerre de tranchées qui a miné le film de toutes parts.
Tensions sur le plateau : David Harbour pointé du doigt ?

Côté comédiens, et cela prête presque à sourire, il avait devant sa caméra Milla Jovovich et David Harbour. Il a l’air d’avoir apprécié son travail avec la première citée, moins avec le second, qu’il désigne de manière dissimulée sans le nommer (mais tout le monde aura bien compris de qui on parle) :
Il y a eu un acteur avec qui j’ai rencontré quelques difficultés (…) Lorsqu’il arrivait sur le plateau, tout le moral de l’équipe était automatiquement plombé. En revanche, quand c’est Milla qui débarquait, tout le monde retrouvait le sourire.
Un naufrage critique et public inévitable

À la base, Neil Marshall voulait changer le scénario d’Hellboy, trop tourné selon lui vers quelque chose de « comics-accurate », estimant que le côté cinématographique n’aurait pas pris. Force est de croire qu’il a en effet eu le nez creux pour sentir le navet débarquer.
Rotten Tomatoes n’attribue que 17 % de bons avis sur son agrégateur de critiques et le réseau français SensCritique lui accorde la merveilleuse moyenne de 4,4/10. En attendant, le film est trouvable un peu partout… en VOD et probablement sur quelques plateformes de streaming si vous avez le courage d’aller le chercher.
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