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Guardians - Critique des Avengers de Russie
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Guardians - Critique des Avengers de Russie

Par Mathieu18 août 2017

Rédacteur cinéma chez GeeksLands depuis 2016. Passionné de cinéma d'auteur, créateur du TikTok Mathieu Cinéman.

Notre critique du Blockbuster russe - Guardians, sorti en DVD au mois de juillet. Pâle copie ratée des studios Marvel ou coup de force hors de l'égide d'Hollywood ?

Guardians, c'est l'histoire d'une superproduction russe qui se vend aussi ambitieuse que les Avengers d'Hollywood. Pourtant, le film est raillé de toutes parts, pour ses effets spéciaux ratés la plupart du temps et son vide scénaristique apparent. Le film a donc connu une sortie en direct-to-DVD et est déjà disponible sur toutes les plates-formes de streaming et de téléchargement. Au final, le film est, comme prévu, un gloubi-boulga d'effets spéciaux plutôt digestes (ce qui est surprenant, hormis sur un cas précis), d'écritures de personnages complètement ratées, et de situations tellement capillotractées qu'elles en deviennent ridicules. Le film s'efforce de singer Marvel, mais en soutire le plus pittoresque et le plus médiocre. Pourtant, comme tout film d'action, ça se laisse regarder, sans se prendre la tête.

Fort d'un budget colossal de 330 millions de roubles russes, le film voit son budget estimé uniquement à 5,5 millions de dollars, ce qui est de suite moins conséquent. Si, pour un tel budget, le visuel est tout juste correct, certains effets sont particulièrement ratés et respirent les images de synthèse low-cost. Le design de l'ours humain est complètement raté par exemple. Dans son design hyper vidéo ludique et ses mouvements trop saccadés, le personnage respire clairement l'artificiel. Le design du principal antagoniste est aussi horriblement laid, on flaire en effet sans forcer les prothèses utilisées pour densifier la carrure du personnage qui, inexpressif, ne laisse transparaître pas la moindre once de crédibilité.

Les scènes d'actions les plus réussies restent sans contexte les ralentis pendant les attaques de Temirkhan, le Bucky Barnes russe. Niveau technique c'est donc de l'hyper poussif qui s'offre à nous. Le film reste regardable dans son extrême globalité, mais est loin d'être un film exempt de tout défaut. La texture des décors justifie concrètement la sortie DTDVD du film qui est quasiment au même niveau sur ce point-là que le péplum "La légende d'Hercules", sorti quelques années plus tôt.

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Guardians

Au niveau de l'histoire en elle-même, c'est un charcutage intensif. Le film manque d'enjeu dramatique. Il n'offre aucune attache à ses protagonistes si ce n'est une courte scène dédiée à chacun d'entre eux où l'objectif est de justifier en quelques secondes leurs psychologies. Mais tout est aseptisé et passé sous silence, et aucun des aveux des personnages ne sera réutilisé dans la suite du récit. Mention spéciale à l'actrice principale, censée souffrir d'un handicap qui ne lui permet plus de reconnaître ses compagnons d'armes, chose qu'elle semble aisément ne plus tenir compte lors des scènes de combat.

En vérité, Guardians est malhonnête sur ce point, car il étoffe le plot de certains personnages afin qu'ils puissent se poser des dilemmes crédibles (L'homme ours par exemple redoute par le biais de ses transformations, de rester ours à jamais), mais détruit tout ce qui a été entrepris au moment des scènes de combats, où ne figure aucune mention de ce qui a été abordé précédemment. Enfin, on a l'apparition de personnages subsidiaires importants pour l'intrigue (le professeur gentil qui travaillait sur les Guardians) qui disparaissent pendant toute l'intrigue sans que personne ne s'en pose la question alors que les personnages semblaient justement avoir besoin de ce personnage pour ressouder l'équipe. L'équipe d'ailleurs, parlons-en. On nous présuppose en tout début de film que toute la fine équipe a été conçue pendant la guerre froide et que nos protagonistes ont vécu tous ensemble et... c'est tout. Dernière incohérence, il est supposé dans les rapports sociaux qu'ils entretiennent entre eux qu'ils n'étaient que quatre sélectionnés pour le projet Guardian. Hors le climax final semble jeter son va-tout dans une supposition de suite complètement farfelue. L'imitation d'Avengers en devient presque grossière à ce moment-là.

C'est dans un montage à la rue que figurent aussi essentiellement les faiblesses de Guardians. On passe aisément de tentatives d'explications de l'intrigue (faites en 2 minutes dans un travelling circulaire au sein du conseil d'état russe) à un plan de 5 minutes sur l'un des personnages qui récite un "Notre Père" des plus dispensables. Je note aussi dans le déroulement des actions une certaine mégalomanie des personnages par le biais de la réalisation. On sent la nécessité pour le réalisateur d'exhiber les pouvoirs de ses personnages, de manière totalement gratuite juste pour justifier que soulever des cailloux, c'est cool.

Guardians

Ainsi, Guardians est un film globalement regardable, car il semble être un nanar totalement assumé et un délire psychédélique d'une heure trente complètement timbré, sans vouloir s'assumer comme un renouveau du genre. A consommer avec modération.

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