C’était une des premières grosses sorties de l’année et c’est déjà la soupe à la grimace pour Greenland : Migration. Le premier opus, sobrement intitulé « Le Dernier Refuge », avait tenté de sauver 2020 dans un été déserté par les blockbusters, la faute au Covid-19 et au pass sanitaire. Lionsgate était toutefois persuadé du potentiel de son film catastrophe — qui a l’air de passionner Donald Trump pour le Groenland — puisque 90 millions de dollars ont été alloués pour s’offrir cette suite, voyant les pérégrinations de la famille Garrity quitter leur bunker vieillissant au Groenland pour se rendre dans une nouvelle terre promise : la France et les jolis massifs du Sancy. On n’a pas trouvé le film forcément fantastique, mais il faisait le travail comme divertissement aussitôt vu, aussitôt consommé, mais très vite oublié.
Le pari budgétaire n’a pas eu l’effet escompté puisque le film, arrivant déjà en fin de vie, n’a rapporté que 21 millions de dollars de recettes mondiales. Un fiasco total qui pourrait faire perdre entre 70 et 75 millions de dollars à Lionsgate, qui n’est déjà pas forcément un studio avec une très grosse trésorerie.
Un capharnaüm anxiogène sur les plages du Groenland

C’est bête parce qu’il y avait deux ou trois trucs sympas à sauver dans cette Migration, à commencer par une scène assez impressionnante de tous les habitants du bunker sur les plages du Groenland. Un capharnaüm anxiogène et épuisant, qui montrait les êtres humains s’écraser et se noyer pour leur propre survie, comme des égoïstes. Pour sauver les meubles, Lionsgate a balancé le film à la location en VOD sur des plateformes comme Apple TV+ et Prime Video, et peut-être était ce la solution la plus intelligente en fin de compte.
Le film domine en effet les classements VOD sur les deux plateformes dans plusieurs pays. En revanche, impossible de savoir le complément de recettes permis par cette sortie hybride cinéma-streaming qui sauve souvent des films à la peine. Les parts de ces recettes-là dépendent de plusieurs facteurs : le nombre de VOD achetées ou louées, mais aussi une part qui dépend du nombre de minutes visionnées lorsque le film sort officiellement en accès gratuit sur les plateformes.
Un avenir incertain entre revente de droits et retrait des salles

Pour le coup, Lionsgate sera probablement obligé de vendre les droits du film à Netflix, Amazon ou Apple, vu qu’ils ne disposent pas de leur propre plateforme. Mais qui voudra racheter les droits de ce four mondial ? Personne ne saurait le dire.
En attendant, si vous voulez ne pas passer à côté de Greenland : Migration, il vous faut aller très vite. Il est en salles depuis le 14 janvier 2026 mais commence déjà à quitter nos écrans, n’étant projeté dans les grands multiplexes que lors des séances nocturnes.
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