Initialement attendu à l’automne 2026, le reboot développé par Playground Games a finalement été repoussé au 23 février 2027. Xbox expliquait vouloir lui offrir une fenêtre de lancement plus favorable et « le moment qu’il mérite ». Mais c'est surtout parce la fin d’année était déjà suffisamment remplie pour ne pas ajouter un gros RPG avec quinze ans d’attentes sur les épaules, qui se serait notamment frotté à GTA VI.
Ce report n’a cependant pas empêché Microsoft de sortir l’artillerie à la Gamescom 2026. Après plusieurs trailers et présentations très contrôlées, Fable s’est enfin laissé observer pendant 18 minutes de gameplay, au fil d’une véritable quête située dans Bowerstone.
Et forcément, quand on montre enfin le jeu plutôt que ses intentions, ça devient tout de suite plus intéressant.
Bowerstone veut être une vraie ville, pas un décor avec trois marchands
La démonstration commence dans Bowerstone, capitale historique d’Albion entièrement réinterprétée par Playground Games.
Le studio insiste beaucoup sur sa fameuse « Living Population », un système destiné à donner une existence propre aux habitants du monde. Bowerstone compterait ainsi environ 400 PNJ, tous doublés, avec leurs occupations, leur logement, leurs relations et leurs habitudes. La ville comprend également 130 maisons et une trentaine de commerces pouvant être achetés par le joueur. Et mieux encore: tous les bâtiments peuvent être visités.
L’idée derrière tout ça est assez claire: retrouver ce qui faisait la personnalité des anciens Fable, mais avec les moyens d’un gros RPG moderne.

On pourra donc acheter des propriétés, travailler, gagner de l’argent, nouer des relations, se marier, avoir des enfants ou se construire une réputation parfaitement douteuse auprès du voisinage. Dans l’ensemble d’Albion, Playground évoque plus de 1 000 personnages intégrés à ce système de population vivante.
Bref, il sera toujours possible de sauver le royaume. Mais devenir propriétaire de la moitié de la ville avant d’aller sauver mamie reste visiblement une option tout à fait plausible.
Une vraie quête pour montrer les choix et les conséquences
La présentation ne se contente heureusement pas d’une visite guidée de l’immobilier local.
L’aventure débute après que le village natal de notre Héros a été mystérieusement pétrifié. C’est ici que l’on retrouve Humphry, ancien héros légendaire et actuel dirigeant quelque peu déchu de la Guilde des Héros.
La séquence permet surtout à Playground Games de montrer comment les dialogues, les actions et la réputation doivent interagir. Les choix réalisés pourront modifier la perception qu’ont les habitants du joueur, mais aussi avoir des conséquences beaucoup plus concrètes sur certaines villes ou quêtes. C’est un pilier essentiel de Fable, et le studio semble vouloir creuser beaucoup plus profondément que le traditionnel bouton « gentil » à gauche et bouton « sociopathe » à droite.

Le système de population est directement lié à ces décisions: l’état d'une région peut évoluer, sa réputation changer et même son économie réagir à certains événements. Playground avait par exemple expliqué qu’épargner ou tuer un géant pouvait transformer son cadavre en attraction touristique, avec des conséquences jusque sur le prix de l’immobilier local. Oui, Fable reste Fable et dans chaque drame existe une opportunité.
Les combats mélangent épée, arc et magie sans passer sa vie dans les menus
L’autre gros morceau de cette Gamescom concerne évidemment le combat.
Fable reprend le trio historique Force, Adresse et Volonté, soit les attaques au corps-à-corps, les armes à distance et la magie. Mais Playground Games veut désormais permettre de mélanger ces trois approches beaucoup plus naturellement.
Le studio parle de « style-weaving combat » : on peut passer d’un coup de marteau à une flèche puis enchaîner immédiatement avec un sort, sans interrompre l’action en cours.
La démo jouable de la Gamescom, située dans une mine hantée lors de la quête Mud and Death, en donne un aperçu beaucoup plus détaillé.
Parades, esquives, attaques chargées, points faibles, démembrements et finish moves viennent compléter les affrontements. À distance, arc et arbalète proposent des comportements différents, tandis que la magie semble offrir une belle marge pour expérimenter. On peut lancer des éclairs, soulever plusieurs ennemis dans les airs, se téléporter derrière une cible, invoquer des lames ou repousser quelqu’un du haut d’une corniche.

Et puisqu’on parle de Fable, un sort permet évidemment de transformer les ennemis en poulets. Même les morts-vivants deviennent des poulets fantômes. Certaines traditions méritent effectivement d’être protégées.
Un système de combat prometteur, mais encore visiblement en chantier
Tout n’est pas parfaitement huilé pour autant.
Les premières prises en main publiées depuis la Gamescom évoquent un système capable de produire des affrontements assez créatifs grâce au mélange des armes et des sorts, mais également plusieurs éléments qui réclament encore du travail: animations parfois rigides, verrouillage des ennemis perfectible, comportements adverses pas toujours très agressifs ou petites irrégularités sur certaines armes.

À six mois de la sortie, ce n’est pas particulièrement alarmant. C’est même exactement le genre de choses qu’un report est censé permettre de corriger. Et après avoir attendu un nouveau Fable depuis suffisamment longtemps pour voir plusieurs générations de consoles passer, quelques mois supplémentaires paraissent presque anecdotiques.
Le vrai nouveau Fable se dessine enfin
Plus que les graphismes ou la taille de Bowerstone, cette présentation confirme surtout la direction prise par Playground Games.
Le studio ne cherche visiblement pas à fabriquer un action-RPG générique avec le logo Fable collé dessus. Il reprend les fondamentaux de la licence: un Albion absurde et très britannique, les choix moraux, la réputation, l’immobilier, les relations avec les habitants et un héros capable de passer de sauveur du royaume à propriétaire douteux en quelques heures.

Le monde est désormais totalement ouvert, sans régions bloquées artificiellement par un niveau recommandé. Le joueur pourra délaisser l’histoire principale, partir explorer Albion, trouver un travail, acheter une maison ou fonder une famille avant de revenir à ses obligations héroïques quand l’envie lui prendra.
Côté scénario, Isabel, interprétée par Hayley Atwell, représentera l’une des principales menaces du jeu, tandis que Playground Games a déjà confirmé le retour de Jack of Blades, figure emblématique du premier épisode.
Cette Gamescom n’a donc pas complètement levé le brouillard autour de Fable, mais elle a montré quelque chose de beaucoup plus utile qu’un nouveau trailer: à quoi ressemble réellement une session de jeu.
Et pour le moment, Albion semble avoir conservé suffisamment de poulets, de mauvaises décisions et d’humour anglais pour mériter qu’on y retourne.
Fable sortira le 23 février 2027 sur Xbox Series X|S, PC et PlayStation 5. Le titre sera disponible dès son lancement dans le Game Pass et compatible Xbox Play Anywhere. L’édition Premium permettra d’y accéder à partir du 18 février.





