J’entends ici et là : « Ouin, ouin, Evil Dead Burn est un bide, ça ne marche pas, c’est aux antipodes de Rise. » Cassons tout de suite le mythe : non, Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček n’est pas un succès stratosphérique, mais on est également loin du fiasco.
On va découper méthodiquement tout ça en essayant de questionner la rentabilité, mais aussi l’empreinte que le film a générée dans l’écosystème des Evil Dead.
Evil Dead Burn est loin des chiffres de Rise, mais loin du fiasco

En termes d’entrées simples : le film génère, à ce jour, 71 millions de dollars de recettes mondiales pour environ 20 millions de budget. L’impact financier est faible, le rendement plutôt sécurisé. On est également autour des 250 000 entrées françaises en ce 12 août 2026 et le film atteint doucement sa fin d’exploitation.
En comparaison, Evil Dead Rise, en 2023, c’est 147 millions de dollars de recettes internationales, dont 610 000 entrées en France. Pour sûr, si on compare Rise et Burn, le second cité est une déception, mais il bénéficie de circonstances atténuantes, voire d’autres éléments qui montrent que c’est plutôt pas mal comme score malgré tout. Rise, déjà, a bénéficié d’un fait de taille qui a propulsé le film sur le devant de la scène : dix ans se sont écoulés entre la proposition de Fede Álvarez, en 2013, et celle-ci, en 2023, sans aucune autre itération d’Evil Dead.
Burn est arrivé seulement trois ans plus tard et va précéder le film Wrath de Francis Galluppi, prévu pour 2028. On est entrés dans une logique d’industrie où la saga chère à Sam Raimi et Bruce Campbell fonctionne à plein régime et permet à des cinéastes d’horreur en plein essor — Lee Cronin, Sébastien Vaniček, puis Francis Galluppi — de se faire les dents avec une machinerie un peu plus dense.
Burn n’avait donc plus l’effet de surprise de retrouver des Deadites sur grand écran. Pour autant, le succès critique est là : 71 % de bons avis sur Rotten Tomatoes, un bon 6,6 de moyenne sur SensCritique, 3,5 étoiles sur Allociné, 6,4/10 sur IMDb… C’est très bien reçu pour un film avec une empreinte française — réalisateur français, actrice centrale francophone, ADN typique de la réalisation de Vaniček déjà aperçu dans Vermines — quand on sait que les films hexagonaux peinent à séduire les voisins américains.
Quand on se lance dans une logique de franchise et que les films ne sont plus des stand-alone, on génère forcément une certaine fatigue, moins d’entrain. En ce sens, Wrath risque d’encore moins performer que Burn.
Une rentabilité à relativiser, mais encore plusieurs revenus à venir

En tout cas, si on part des 71 millions de dollars de recettes et qu’on applique un pourcentage de 50 à 60 % du box-office domestique dans les poches de Warner, contre environ 40 % à l’international, le studio aurait récupéré entre 31,7 et 34,9 millions de dollars sur l’exploitation en salles, soit une somme supérieure au budget de production annoncé.
Sachant qu’il reste deux détails à garder en tête : Sony a également financé le film et il reste le marketing, les copies, la distribution, les participations, les intérêts, les frais généraux, etc. Ce qui ne devrait pas être bien massif au vu de l’investissement initial.
Cela veut dire que Burn, surtout dans l’attente d’une prochaine arrivée en streaming sur HBO Max, vu qu’on est chez Warner, peut encore engranger des deniers, tout comme lors de son exploitation en DVD, Blu-ray, VOD et SVOD.
Donc, je vous en prie : arrêtez de casser du sucre sur Evil Dead Burn et soulignons plutôt l’audace et la trajectoire montante de Sébastien Vaniček, qui a livré un film moderne, singulier, ambitieux et personnel dans une très grosse machinerie hollywoodienne, avec ses qualités comme ses défauts.
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