Dans la grande famille des exploitants de salles de cinéma, vous connaissez probablement UGC, Pathé et CGR, les principales firmes qui dirigent des multiplexes. On a également de petits exploitants de salles de cinéma, souvent indépendants, mais également d’autres réseaux moins connus. En l'occurrence, le groupe Cinéode, dirigé par Olivier Défossé, fait aussi partie de ceux-là. Le groupe possède un réseau assez réduit en France, avec une trentaine de cinémas exploités pour une quarantaine d'écrans, dont plusieurs cinémas dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes.
D’après une information du Film français, confirmée par Boxoffice Pro, le jugement du tribunal de commerce de Saint-Quentin, prononcé le 3 novembre, a ouvert une procédure de redressement judiciaire pour le réseau de salles Cinéode. Une période d’observation est en cours et expire le 3 mai 2027. Cinéode représente également une entente de programmation regroupant environ 70 cinémas. Sur le site officiel de Cinéode, vous pouvez voir le parc d’exploitation. À titre personnel, je n’en ai fréquenté qu’un seul : le cinéma Le Moderne à Saint-Amand-Montrond (18200).
Cinéode en redressement judiciaire : qu'est-ce que cela signifie ?

Redressement judiciaire signifie que l’entreprise est en cessation des paiements. Elle ne dispose plus d'une trésorerie suffisante pour régler ses dettes exigibles. De fait, plusieurs scénarios sont sur la table pour Cinéode. Le raccourci à éviter pourrait être de dire : « Mince, si la firme ferme, est-ce que tous ses cinémas sont voués à fermer ? » Non, c’est plus compliqué que ça.
Sur la période d’observation, si Cinéode réussit à améliorer sa situation financière, le tribunal peut statuer sur un tout nouveau plan permettant à la fois de poursuivre l’exploitation tout en remboursant les dettes en parallèle. Le groupe peut également réduire son parc d’exploitation pour amoindrir les coûts. Cela peut engendrer des pertes de salles et des suppressions de postes. Autre possibilité, certains cinémas peuvent être rachetés et repris par d’autres exploitants : des indépendants ou des gros groupes. Enfin, si rien ne fonctionne, c’est la liquidation judiciaire et là, l’activité du groupe pourrait s’arrêter.
Les cinémas de Cinéode sont-ils menacés de fermeture ?

Et là, il conviendrait de distinguer trois types de cinémas. Ceux exploités directement par Cinéode risqueraient la fermeture, les cinémas municipaux exploités en délégation de service public pourraient être confiés à un autre exploitant, tandis que ceux qui sont en partenariat avec Cinéode sur la programmation pourraient simplement changer de prestataire.
Il est important de noter que, selon Boxoffice Pro, la majorité des cinémas exploités par Cinéode le sont en délégation de service public. On ne serait pas, a priori, sur un scénario catastrophe avec moult fermetures. En revanche les repreneurs peuvent être compliqués à trouver en dehors des gros exploitants tant les salles sont pour la plupart équipées de façon moins modernes que Pathé ou CGR qui peuvent se permettre de faire des salles premiums, et même permettre à Disney de promouvoir leur label Infinity Vision.
Ainsi, le risque de disparition de Cinéode en tant qu'exploitant est réel, mais le risque de disparition définitive de tous ses cinémas est une question différente. Les collectivités pourraient jouer un rôle majeur dans leur préservation. On ne manquera pas de garder un œil sur le dénouement de l’affaire.



