OpenAI a officialisé le 6 juin l'extension de son programme publicitaire au Royaume-Uni, une première hors d'Amérique du Nord, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Concrètement, les utilisateurs britanniques des formules Free et Go (8 dollars par mois) voient désormais apparaître des annonces sponsorisées sous certaines réponses du chatbot. Les abonnés Plus, Pro, Business et Enterprise conservent une expérience sans publicité. L'annonce vient de Benji Shomair, vice-président monétisation d'OpenAI, qui a confirmé le déploiement sur LinkedIn.
Cette extension suit le pilote américain lancé le 9 février qui a généré 100 millions de dollars de revenus annualisés en à peine six semaines. OpenAI a ensuite méthodiquement abaissé le ticket d'entrée des annonceurs, de 250 000 dollars au lancement à 50 000 dollars en avril, avant d'ouvrir un gestionnaire de campagnes en libre-service début mai. Pendant la phase de test, 85 % des utilisateurs étaient éligibles aux annonces, mais moins de 20 % en croisaient une au quotidien.
Des annonces sous la réponse, jamais dedans

Le format retenu reste sobre, du moins pour l'instant. Les annonces apparaissent dans des encarts clairement étiquetés, avec nom de l'annonceur, titre court, description et image, placés sous la réponse générée. Le ciblage est contextuel, basé sur le sujet de la conversation, OpenAI répète que les annonceurs n'ont jamais accès au contenu des échanges. La société défend un principe d'« answer independence », autrement dit la garantie que la publicité n'influence en rien ce que répond ChatGPT.
Et la France dans tout ça ?
Aucune date n'est annoncée pour l'Union européenne, mais OpenAI a déjà publié ses règles de confidentialité dédiées au marché européen, ça devrait suivre logiquement. La publicité personnalisée y reposera sur un consentement explicite, conforme au RGPD, et non sur la base juridique plus souple de l'intérêt légitime. Les utilisateurs qui acceptent verront des annonces nourries par leur historique de conversation et la mémoire de ChatGPT Ceux qui refusent recevront uniquement des annonces contextuelles, liées au sujet de la discussion en cours.

Derrière ce calendrier, il y a une équation financière. OpenAI vise 2,5 milliards de dollars de revenus publicitaires d'ici fin 2026 et projette plus de 100 milliards à l'horizon 2030, des chiffres vertigineux pour une activité qui n'existait pas il y a cinq mois. Le dépôt confidentiel d'un document S-1 auprès de la SEC le 8 juin, premier pas vers une possible entrée en Bourse, rend la démonstration d'autant plus urgente, alors que la concurrence de Gemini et Claude ne faiblit pas et que GPT-5.6 se fait toujours attendre.
Pour les utilisateurs français, la question n'est donc plus de savoir si la publicité arrivera dans ChatGPT, mais quand, et dans quelles conditions de consentement. De votre côté, vous garderiez un compte gratuit avec pub, ou ce serait le point de basculement du passage à l'abonnement ? On en parle en commentaires.




