Le fiasco historique du direct-to-streaming de DC

Batgirl d’Adil El Arbi et Bilall Fallah reste sans doute la plus grande question de cette décennie d’un point de vue cinématographique. Film entièrement terminé, près de 90 millions de dollars de budget et un gros casting devant la caméra avec Leslie Grace en Batgirl, accompagnée de JK Simmons, Michael Keaton et Brendan Fraser pour une sortie prévue en début d’année 2023. Seul hic, le PDG de Warner Bros Discovery, David Zaslav, a jugé en Août 2022 que Batgirl ne cochait pas tous les critères pour être un très gros succès capable de rapporter un pognon de dingue au studio. Résultat : annulation totale. 90 millions à la poubelle.
The Hollywood Reporter et Deadline faisaient même part de leur incompréhension tant le film semblait avoir eu des retours positifs à l’occasion des projections presse. Seulement, Batgirl était victime de la nouvelle méthode de DC Films, sous la houlette de James Gunn et Peter Safran : privilégier les sorties de blockbusters en salles, pas les trucs bons marchés exclusivement prédestinés à une consommation sur HBO Max - et c’était l’objectif initial de ce film : un direct-to-streaming. The Guardian précise que ce fiasco en fait le film annulé le plus cher de l’histoire du cinéma. Une nouvelle toujours difficile à digérer pour les deux réalisateurs, qui ont investi beaucoup de leur temps pour un film qui ne verra jamais le jour. Et cette fois-ci, pas de #ReleaseBatgirl puisque tout le monde semble s’en ficher royalement.
Nicolas Winding Refn : "J'adorerais faire Batgirl"

Néanmoins - le média Deadline rapporte qu’un cinéaste de renom, qui a toujours repoussé les avances des grosses firmes Hollywoodiennes, semble intéressé pour adapter Batgirl, et c’est Nicolas Winding Refn. Il a confié à ce même média qu’il “adorerait faire Batgirl”.
Le spécialiste des décors avec des néons, costumes intéressants et contemplations maximales en a dit un peu plus sur cette envie qui rejoint tout ce qu’on peut faire autour de Batgirl d’un point de vue artistique :
« Les costumes, j’adore l’esthétique. Une grande partie de Her Private Hell est obsessionnelle avec les poupées, les objets et la façon de déplacer les gens dans l’espace et le temps. J’aimais l’objectivation des objets, des super-héros, des bandes dessinées et toute cette sous-culture. C’est d’où je viens. Je collectionne des jouets japonais, je joue avec des Legos... »
Néanmoins, le cinéaste a acté que ce n’était qu’une lubie, préférant les films originaux plutôt que ceux émanants d’une propriété intellectuelle. Mais ne jamais dire jamais ?
Her Private Hell de Refn fait sa première mondiale hors compétition ce soir, le 18 Mai au Festival de Cannes.
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