The Social Reckoning est un grand film, malheureusement très sous-estimé au début de son exploitation, notamment française. Le long-métrage d'Aaron Sorkin est un solide amoncellement de plusieurs thématiques traitées avec finesse et sens de la punchline : honnêteté assez friable des entreprises de la tech', danger des réseaux sociaux et surtout véritable pamphlet contre le monde d'aujourd'hui qui peut s'enflammer à tout moment. C'est un cas d'étude vraiment intéressant, ce long-métrage. L'affaire concernée est celle des Facebook Files, et on vous résume ce que c'est par ici.
Pourquoi Donald Trump n'est jamais nommé dans The Social Reckoning

Surtout, le film vient montrer le dilemme moral profond de Mark Zuckerberg face à la montée en violence de Donald Trump sur son propre réseau, lorsque celui-ci exhortait ses partisans à contester l'élection perdue de 2020 contre Joe Biden, jusqu'à l'assaut du Capitole. Ce passage dans le film est glaçant d'effroi, mais ce qui étonne le plus, c'est que le nom ou le prénom de l'actuel président n'est jamais évoqué par aucun personnage.
Un choix volontaire d'Aaron Sorkin, qui explique dans un entretien accordé à Vanity Fair qu'il ne veut pas opposer démocrates et républicains, mais plutôt nous exposer comment la désinformation et les réseaux sociaux renforcent les clivages et la polarisation du pays (et bravo Aaron, c'est toujours intelligent comme choix).
« Le film parle du rôle de Facebook dans la montée des divisions, de l'extrémisme et de l'hyperpartisanerie dans le pays. Ce n'est pas une question de camp démocrate ou républicain, même si, évidemment, il sera perçu comme tel... »
Aaron Sorkin évoque les choix de Sony Pictures et les reshoots

Aucun producteur ne lui aurait demandé de retirer les références explicites à Donald Trump. Aaron Sorkin aurait même promis de lui-même à Tom Rothman, le patron de Sony Pictures, de ne pas montrer de slogans ou de pancartes à l'effigie de Donald Trump, d'où le choix de ne jamais évoquer le président actuel.
L'enjeu était de ne jamais perdre de vue la thématique de Facebook comme grand forum permettant la désinformation et de ne pas entrer dans une deuxième dimension : celle de la confrontation politique.
Chose à savoir également, on est sur un film qui a été minutieusement étudié avant de sortir, au point que The Social Reckoning a connu plusieurs reshoots pour améliorer certaines scènes, en réécrire d'autres et en ajouter une nouvelle. Sony Pictures a également fait examiner le scénario par des avocats pour éviter de présenter certains éléments fictionnels comme des faits réels. En résulte, dans tous les cas, un film singulier et réussi, à part sa toute fin, qu'il faut absolument voir.





