Les critiques américaines de VisionQuest, publiées lundi à 21 heures (heure de Paris), sauvent toutes le tandem de Paul Bettany et James Spader, de retour en Vision et en Ultron. IndieWire et Rolling Stone descendent la série, Variety la juge trop distante, The Hollywood Reporter la trouve « tantôt émouvante, tantôt épuisante », quand TheWrap et GamesRadar y voient une fin digne de la trilogie ouverte par WandaVision.
Ces textes tranchent avec les premiers avis du New York Comic Con, presque unanimes mais signés surtout par des sites spécialisés et des créateurs de contenu. Les critiques ont reçu les huit épisodes. Mardi à 7 h 45, Rotten Tomatoes comptait 28 avis positifs sur 33, soit 85 %, pour une note moyenne de 7,3 sur 10. Metacritic, qui pondère les notes, n'affichait que 47 sur 100, calculé sur cinq critiques seulement.
Un Ultron à barbe blanche qui vole toutes les scènes

Dans la série, Ultron n'est plus le robot menaçant de 2015. Vision le garde enfermé dans son esprit, un manoir virtuel où les IA prennent forme humaine. Spader y joue sous ses propres traits, avec une longue barbe et des lunettes. Alison Herman, dans Variety, y voit « une création très divertissante ». Jordan Farley (GamesRadar) écrit que ce « robot meurtrier capricieux vole toutes les scènes ». Pour Angie Han, de The Hollywood Reporter, le rôle sert bien mieux le charme mielleux de l'acteur que ne le faisait Avengers : L'Ère d'Ultron. Ben Travers donne un C à la série dans IndieWire, mais salue un Spader « avisé ».
Angie Han apprécie aussi Paul Bettany, qui « trouve de nouvelles nuances » au personnage qu'il incarne depuis plus de dix ans. Elle le juge « d'une tendresse déchirante » face à Tommy (Ruaridh Mollica), l'adolescent qui pourrait être son fils. Liz Shannon Miller, qui donne B à la série dans Consequence, a l'impression qu'il n'a « pas encore atteint les limites de son potentiel ». David Fear, de Rolling Stone, compare le tandem à Oscar et Felix, les colocataires de Drôle de couple. Leurs chamailleries sont pour lui « le seul aspect vraiment agréable » de la série, avant que les sarcasmes d'Ultron ne lassent vers la mi-saison.
Huit heures d'explications et un monde mental difficile à suivre

Les reproches reviennent jusque dans les critiques favorables. The Hollywood Reporter regrette qu'une part « démesurée » des huit heures serve à « expliquer des choses ». Pour Angie Han, la série devient « carrément épuisante » quand « la moitié de ces passés tragiques se révèlent avoir leur propre passé tragique ». Variety reproche à la série de ne jamais fixer de règle claire entre le monde réel et l'esprit de Vision où vivent les IA. GamesRadar, qui reste positif, admet qu'on ne sait pas toujours dans lequel des deux on se trouve. Pour Alison Herman, VisionQuest « dit souvent au public ce qu'il est censé ressentir », mais le fait rarement ressentir.
Ben Travers ne voit qu'un « fastidieux drame de mauvais père » dont l'issue est prévisible « dès la première minute » mais se fait attendre « jusqu'à la trois-centième environ ». Pour David Fear, la série s'adresse aux fans qui connaissent la continuité Marvel par cœur : « une série que seul un fan absolu ou un robot pourrait aimer ». Il n'y voit qu'un bouche-trou avant Avengers : Doomsday, attendu en salles le 16 décembre. Travers annonce la fin d'une ère pour les séries du MCU. Consequence aussi, sur un ton bien plus indulgent.
Hunter Ingram, dans TheWrap, parle d'« un miracle » à propos de cette trilogie construite en près de six ans. Jordan Farley juge qu'elle n'atteint jamais « les sommets inspirés de WandaVision », mais qu'elle « referme avec succès » la trilogie la plus étrange du MCU.
Les deux premiers épisodes arrivent sur Disney+ dans la nuit de mardi à mercredi, à 3 heures du matin en France. Les épisodes suivants s'échelonnent jusqu'au final du 11 novembre. Consequence trouve que la série traîne surtout quand on l'enchaîne d'une traite.



