Andrew Stanton, qui dirige Toy Story 5, raconte aujourd'hui qu'il a écrit son tout premier jet sans Woody. Le réalisateur voulait savoir si l'histoire qu'il avait en tête tenait debout sans son personnage iconique.
Pourquoi Stanton a tenté d'écarter Woody
Toy Story 4 s'est terminé sur le départ de Woody, qui choisit de rester auprès de Bo Peep. Une fin d'arc qui sonne comme un point final. Ramener le personnage pour un cinquième volet sans trahir cette conclusion relève du talent d'écriture pur. Stanton l'explique :
Je ne savais pas comment le faire revenir au début. J'ai juste écrit le premier jet sans lui pour voir s'il me manquait. Et il m'a manqué.
La méthode est moins anecdotique qu'elle n'en a l'air. Pixar a un historique de scripts écrits, désossés, réécrits pendant des années avant d'arriver à l'écran. Tester l'absence d'un personnage central, c'est une manière décousue mais honnête de mesurer son indispensabilité. Le studio le faisait déjà à l'époque où il sauvait Toy Story 2 d'un désastre quelques mois avant sa sortie.
Comment Woody revient sans casser Toy Story 4

La solution trouvée par Stanton respecte le précédent film. Woody ne reprend pas sa place dans le groupe. Il intervient ponctuellement, à la demande de Jessie, devenue leader des jouets de Bonnie. Elle l'appelle à la rescousse face à une menace inédite : Lilypad, une tablette tactile doublée par Greta Lee, qui prend la place d'aimant à attention dans la chambre.
Jessie hérite du focus principal, e film l'emmène jusqu'à l'ancienne maison d'Emily, sa première propriétaire, et lui offre une séquence à cheval avec Pile-Poil. Tom Hanks et Tim Allen reprennent évidemment leurs rôles, mais la dynamique n'est plus la même : Woody rdevient un mentor et non le héros porteur du film. La productrice Lindsey Collins assume que le pari n'était pas évident, mais que le premier teaser dévoilé en février a fait basculer le public dans la bonne direction.
Un Pixar qui ne joue plus la nostalgie facile
Ce que Stanton décrit colle à une bascule plus large chez Pixar. Le studio multiplie les suites legacy mais refuse d'en faire des produits dérivés. Monstres & Cie 3 ramène Bob et Sulli après treize ans avec un angle inédit, Coco 2 vise novembre 2029 avec une équipe renouvelée, le succès de Hoppers vient de prouver que les nouvelles franchises peuvent encore tirer leur épingle du jeu.

Quant à l'antagoniste, un jouet numérique, une tablette face à des jouets, c'est la métaphore évidente d'une enfance happée par les écrans. Pixar veut taper là où ça fait mal pour les parents d'aujourd'hui, et vient placer Jessie en figure de résistance plutôt que Woody, qui aurait été l'évidence.
Toy Story 5 sort le 19 juin 2026. Reste à voir si l'instinct de Stanton trouvera son public, et surtout si Woody, dans son rôle réduit, conservera la place qu'il occupe depuis 1995 dans l'imaginaire collectif.






