Sony vient de confirmer sur le PlayStation Blog une hausse de 100 euros sur l'ensemble de sa gamme PS5, effective dès le 2 avril 2026. La PS5 passe à 649,99 €, la PS5 Digital Edition à 599,99 €, la PS5 Pro franchit la barre symbolique des 899,99 €.
Le PlayStation Portal prend aussi sont petit 30 € au passage. Le communiqué évoque des « pressions persistantes sur l'économie mondiale », formulation suffisamment vague pour ne froisser personne sans s'explique réellement, la claque reste brutale pour les joueurs qui devront dorénavant débourser une somme faramineuse pour une version digitale basique.
Mais, il y a une raison très concrète derrière cette augmentation, et elle s'appelle la GDDR6. La mémoire vive utilisée dans les PS5 (et dans à peu près tout ce qui calcule aujourd'hui) a vu son prix exploser depuis mi-2025,+344 % entre septembre 2025 et janvier 2026 sur certains modules, selon plusieurs analyses. La cause principale, on la connaît, les datacenters d'intelligence artificielle aspirent la production mondiale de puces mémoire comme un trou noir aspire la lumière. NVIDIA, AMD, les hyperscalers cloud, tout le monde veut de la GDDR6 et de la HBM, et les fabricants de consoles sont des victimes collatéral.

De ce point de vue, je comprends Sony, produire une PS5 Pro à 799 € en absorbant l'intégralité de la hausse des composants, c'était déjà un exercice d'équilibriste. À un moment, le constructeur ne peut plus rogner sur ses marges, surtout que PlayStation, contrairement à Xbox, reste un business où le hardware doit au minimum s'approcher de la rentabilité. On ne vend pas des consoles à perte indéfiniment quand la mémoire coûte quatre fois plus cher qu'il y a six mois.
Et pour la PS6 ?
La hausse se défend.. un peu. Ses implications pour l'avenir des consoles de salon, beaucoup moins. Une PS5 Pro à 899 € en fin de génération, c'est le prix d'un PC gaming correct. Microsoft, avec son Project Helix, semble prêt à franchir la barre des 1 000 dollars pour sa prochaine machine. Et si la PS6 est effectivement repoussée à 2029, la facture pourrait être encore plus salée, parce que rien n'indique un reflux sur les composants mémoire, bien au contraire.

Le problème est structurel, puisqu'on sait que l'IA ne va pas ralentir sa consommation de puces. Les fondeurs investissent massivement dans la HBM et la GDDR7 pour les datacenters, certainement pas dans les consoles de jeu. Le gaming grand public, en termes de volumes et de marges, pèse de moins en moins face aux commandes colossales de Google, Microsoft Azure ou Amazon AWS.
La console de salon, pendant trente ans, a tenu sur un contrat implicite avec un hardware subventionné, accessible, qui démocratise le jeu vidéo. Si le prix plancher d'une machine next-gen s'installe au-dessus des 700 €, ce contrat vole en éclats. Ajoutez-y des jeux AAA dont le prix fait déjà débat, et le budget pour jouer sur console commence à ressembler à celui d'un PC gamer sans sa polyvalence.
Sony fait ce qu'il peut avec les cartes qu'on lui distribue, mais la prochaine génération va être éprouvée. À quel prix peut-on encore fixer une console next-gen, qui a plus que quintuplé, déjà en trente ans.
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