Je vous en avais déjà un peu parlé la semaine dernière : Sony semblait avoir littéralement abandonné en cours de route la sortie de son feel-good movie de science-fiction : Klara et le Soleil. Une situation assez déroutante tant le film avait des arguments à faire valoir : une réalisation de Taika Waititi et surtout la populaire Jenna Ortega au casting dans le rôle-titre. Le film est également adapté du roman du même nom d'un auteur récompensé par le prix Nobel de littérature, Kazuo Ishiguro.
Pour autant, les premiers retours critiques n'avaient pas forcément apprécié la naïveté du scénario, au point que le distributeur semble avoir clairement réduit ses ambitions pour l'exploitation du long-métrage.
Klara et le Soleil : un lancement catastrophique en France sur seulement 35 copies

Je me plaignais en France, malgré mon opulence de salles de cinéma d'art et d'essai près de chez moi, de ne pas avoir la possibilité de le voir.
C'est normal puisque le film a enregistré seulement 2 982 entrées sur sa semaine de sortie du 21 au 27 octobre 2026. Pire encore, c'est le nombre de copies qui scotche puisque seulement 35 copies ont été distribuées sur notre territoire.
Cela représente une moyenne de 85 spectateurs par copie sur toute une semaine. C'est dire à quel point le film est passé complètement inaperçu. Klara et le Soleil est donc clairement devenu un film « rare », mangé par une semaine pachydermique en matière de sorties, où les exploitants lui ont préféré Le Roi du Game d'Éric Judor, Clayface, L'Île des souvenirs ou encore Karma de Guillaume Canet. À titre de comparaison, Karma était lancé sur 506 copies, L'Île des souvenirs sur 542 et Clayface sur 293. Même Le Roi du Game, qui n'a pourtant pas réalisé un démarrage exceptionnel, a bénéficié d'une exposition bien plus importante, avec 296 copies.
Klara et le Soleil : un fiasco mondial qui interroge sur la stratégie de Sony

Au niveau de son exploitation internationale, ça fait encore plus mal.
Le film a réalisé environ 700 000 dollars de recettes sur trois jours sur le territoire nord-américain, dans un parc finalement assez réduit de 880 salles. C'est rien du tout, anecdotique. Avec moins de 800 dollars de recettes par salle sur tout le week-end, difficile de parler d'un démarrage encourageant. Pour le moment, le film de science-fiction a encaissé environ 1,56 million de dollars de recettes mondiales.
Le budget est, quant à lui, sujet à quelques interrogations. Des sources proches de Sony évoquent un coût net situé dans la fourchette haute des 20 millions de dollars, tandis que des documents financiers consultés par Deadline font état de 44,3 millions de dollars de coûts directs de production, avant de prendre en compte les mécanismes de financement et les aides. De toute manière, que ce soit l'un ou l'autre, le film semble bien parti pour perdre beaucoup d'argent.
Vu les parcs d'exploitation extrêmement réduits pour une production de cette envergure, nous ne sommes pas dupes : il s'est manifestement passé une dinguerie en coulisses pour expliquer ce virage à 180°. D'ailleurs, Deadline rapporte que Sony aurait effectivement réduit l'ampleur de la sortie américaine et ses dépenses marketing après les retours critiques particulièrement négatifs du Festival du film de Londres. Mais les véritables raisons de cette déconvenue méritent encore qu'on s'y attarde. Je compte bien enquêter davantage sur le sujet pour comprendre d'où ça vient.
En attendant, les utilisateurs français de SensCritique sont plutôt cléments, puisqu'ils lui attribuent une moyenne de 6,3/10. Est-ce que vous avez eu la chance de pouvoir le voir ou pas ?





